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Traversée des Balkans

15 décembre 2007 6 commentaires

Mercredi 12 décembre 2007, Roumanie

Drapeau Roumain

La tête dans les nuages, nous reprenons la route du sud, direction la Bulgarie, via Sibiu. Nous réussissons à atteindre les plaines méridionales et leur climat plus clément et nous arrêtons à Craiova pour passer la nuit.Alors que, près d’une fontaine publique, nous déplions notre couchette et que nous préparons sacs de couchages et couvertures, un habitant nous convie à partager la chaleur de sa maison. Nous acceptons avec le plus grand plaisir. Toute la famille se met alors en quatre pour nous offrir le meilleur accueil. Costel et sa femme, Lucica, sont abatteurs. Leur fille de 14 ans, Denisa parle un espagnol très correct qu’elle a appris sur la chaine ibérique du câble. La grand-mère, Stana, se fait un plaisir de nous présenter Turturica, sa vache, ses nombreuses poules et lapins et Yefa, son cochon, qui ne passera visiblement pas les fêtes…

Stana et Yefa

Du lundi 10 décembre au mardi 11décembre 2007, Roumanie

Drapeau Roumain

Une fois n’est pas coutume, nous prenons aujourd’hui le cap vers le nord. Nous rejoignons à Targu-Mures, au cœur de la Transylvanie, notre ami Tzigane Gavric qui nous attend avec une bouteille de gnole locale et un étonnant programme. Gavric vient d’un petit village Tzigane près de Targu-Mures et joue régulièrement en France ou il réside à mi-temps. Le pot de bienvenue chez ses amis violonistes et contrebassistes ne nous laisse pas intacts. Nous sommes présentés à chacun de ses amis et cousins, tous aussi hospitaliers les uns que les autres. Nous rentrons peu à peu dans le cercle très fermé de leur communauté.

Tziganie

Les soirées sont rythmées par les notes envoutantes de leurs doigts experts, par les rires et les verres qui s’entrechoquent. Nous vivons une expérience unique.

Près du village de Mica, nous avons l’honneur d’êtres invité en « Tziganie », chez Tocila et sa famille. Bien moins leader que modérateur, ce violoniste a un rôle important dans la communauté. On vient le consulter dans le village pour un oui ou pour un non.

La Tziganie est juchée sur une colline aux abords d’un village de minorité hongroise et compte environ 350 âmes. Mis à l’écart de leurs concitoyens, les Tziganes doivent faire face à une discrimination quotidienne et à l’indifférence des services publics. Mais leurs regards sont pleins de vie et de malice.

Place principale

En cette période hivernale, les familles égorgent et préparent les cochons pour « Colinda ». Cette coutume à lieu le soir de Noël; d’une année sur l’autre, certaines familles accueillent leurs voisins qui viennent jouer de la musique et célébrer ce grand moment. Même si cette tradition tend à se perdre, beaucoup sont musiciens de père en fils et se produisent un peu partout dans la région ou plus loin encore.

Du Jeudi 6 décembre au Dimanche 9 décembre 2007, Roumanie

Drapeau Roumain

La neige ne cesse de tomber. Nous atteignons Brasov vers 18 heures. La nuit est déjà tombée depuis près de 2 heures et le climat s’est encore rafraîchi.

Rustine sous les flocons

La ville, capitale de la Transylvanie, culmine à 2200 mètres d’altitude.

Brasov

Nous posons nos bagages chez une vieille dame avec qui nous négocions une chambre pour quelques Lei. L’hospitalité est ici une affaire d’honneur. Notre piole se résume à un vieux poêle, une petite table en bois et un vieux lit aux lourdes couvertures.

Quelques jours chez l’habitant

Notre fenêtre donne sur la cours intérieure que se partagent cinq familles.

Nous voyant cuisiner dehors sur notre réchaud, notre hôte nous somme d’utiliser sa cuisine pour élaborer notre soupe aux choux dont nous avions rêvée depuis plusieurs jours. Après quelques jours, nous faisons presque partie de la famille.

Nous découvrons à Brasov les spécialités culinaires roumaines; le sarmale est un hachis de viande mélangé à du riz et roulé dans une feuille de choux. Ce plat, qui s’apparente aux feuilles de vignes que l’on trouve en Grèce, est souvent accompagné de Mamaliga, la polenta roumaine.

Nul ne peut ignorer, en traversant la Transylvanie, qu’elle fut le lieu d’origine du Comte Dracula. Plusieurs forteresses dans la région se partagent apparemment ce privilège… Le château de Bran en fait partie. Les autochtones nous promettent bien sûr l’authenticité de la leur. Une excursion touristique était donc inévitable pour nous assurer de la véracité de l’information.

La construction de cette batisse date du 13eme siècle et fut élaborée dans la vallée de Rucar-Brann pour des raisons stratégiques. Depuis, elle fut occupée par Castellan, un homme du conseil de Brasov, puis, jusqu’au milieu du 20ème siècle, par la famille royale de Roumanie. La demeure témoigne du goût certain qu’ont eu ses occupants successifs pour la décoration et l’aménagement. L’architecture est étonnante: clochers de tuile, balconnets et colombages.

Dracula ou pas, nous en sortons sain et sauf et ravis.

Chateau de Bran

Les quelques jours à Brasov nous permettent de nous mettre à jour dans nos notes de voyages, nos dessins et nos photos. Cette halte nous donne un peu l’illusion d’avoir un chez-nous et la générosité des roumains que nous rencontrons nous conforte dans cette idée.

Mercredi 5 décembre 2007, Roumanie

Drapeau Roumain

Au levé du jour, une calèche tirée par deux chevaux passe à nos cotés. Nous sortons la tête à travers la bâche de Rustine. Malgré l’heure précoce, la journée semble avoir bien commencée. Toute une basse-cours volette entre nos roues, et la fermière, curieuse de voir devant chez elle un véhicule si rigolo – et habité qui plus est – vient nous saluer dans une langue qui nous est encore totalement étrangère. Premier contact riche en sourire.

Caleche

Nous reprenons la route pour Sibiu. Le bitume est défoncé et les nids de poule sont légion. Il n’est pas rare de croiser des calèches de bois attelées d’un ou deux chevaux croulant sous le poids de leur chargement. Les roumains utilisent encore fréquemment ce moyen de traction pour l’exploitation du bois. Les poules et les dindons se jettent sous nos roues.

Traffic contraste

Les maisons sont bâties tantôt en bois, tantôt en dur, mais semblent être presque toutes à deux doigts de l’effondrement. Un petit jardin, où sont généralement plantés un arbre fruitier et une rangée de choux, entoure chacune d’elles. Parfois, un cochon dodu s’y prélasse.

De ravissantes roumaines vêtues de robes chatoyantes et de fichus multicolores traversent la rue pour remplir leur seau au puits du village. Les roumains sont souriants et lancent à notre passage des saluts amicaux.

Les Carpattes en arrière plan, nous arrivons à Sibiu. Cette grande ville fut élue cette année capitale européenne de la culture. En effet, elle semble riche en évènements et son dynamisme tranche avec les villages environnants.

Nous installons notre bivouac dans les environs de Sibiu.

Nuit a Sibiu

Mardi 4 décembre 2007, Hongrie, Roumanie

Drapeau Hongrois Drapeau Roumain

Au lever du soleil, nous reprenons la route du sud, longeant le Danube en direction de Baja, puis de la frontière roumaine. Les villages semblent vides de toute âme mais chaque maison est une petite ferme ou les animaux jouissent d’une liberté totale. Dès les premières heures en terre roumaine, la singularité de ce désordre où chaque détail nous semble pourtant évident, nous est agréable, presque apaisant.

Village roumain

Un petit chemin boueux longe une ferme et se perd dans les bocages. Nous le prenons et y faisons halte pour la nuit. Les flaques dans les ornières sont gelées. Une faible lueur de cheminée danse à travers la fenêtre de nos voisins.

Premiere nuit en Roumanie

Les chiens errants hurlent à la lune. Au beau milieu de la nuit, un aboiement se détache doucement des autres pour se rapprocher de Rustine et finir à 2 mètres de nous. Nous nous faisons une raison et essayons de nous rendormir. Mais notre visiteur nocturne semble bien décidé à nous pourrir la nuit. Un combat moral s’installe entre nous et notre rival; à qui jettera l’éponge le premier. Nous faisons mine d’apprécier sa prestation et serrons les dents secrètement dans nos sacs de couchage. Mais notre stupide fierté s’effondre vers 3h du matin et Coralie put me voir, le rire aux lèvres, sortir de mon duvet, sauter hors du véhicule et courir en petite tenue dans la nuit froide après le cabot victorieux.

Du samedi 1er décembre au lundi 3 décembre 2007, Hongrie

Drapeau Hongrois

Le séjour chez Anna fut salutaire: nous y auront appris beaucoup de l’histoire du pays et de la région, lavé nos chaussettes…les recettes au paprika n’ont plus aucun secret pour nous et nos hôtes furent, à l’inverse, cobayes d’une cuisine française expérimentale aux ingrédients locaux…la plupart des rues de Budapest se souviennent de notre sens très relatif de l’orientation et les habitants de notre hongrois approximatif…

Aurevoir Budapest

Vendredi 30 novembre 2007, Hongrie

Drapeau Hongrois

Nous continuons dans notre élan pour poursuivre nos interviews. L’adduction d’eau de la capitale hongroise est assurée par plusieurs nappes phréatiques reliées entre elles par un réseau souterrain. Outre les besoins de la ville, les bains thermaux sont établis sur ses résurgences. Bien équipés, nous descendons dans les profondeurs de Budapest…

Deux taupes a Budapest

La visite dure plusieurs heures et le rythme soutenu rend toute prise d’image ou de son difficile. Mais l’expérience est aussi passionnante qu’insolite.

Repor-terre

Jeudi 29 novembre 2007, Hongrie

Drapeau Hongrois

Notre deuxième reportage est consacré aux bains de Budapest, héritage turc qui fait aujourd’hui partie intégrante de la culture hongroise. Nous avons le privilège d’être invités par la directrice des thermes Gellert, parmi les plus prestigieux de la ville, et, comme pour nous persuader des bienfaits de cette délicieuse activité, cette dernière nous convie à jouir des 38°c de ses bassins. Choc thermique.

Les Bains de Gellert

Mercredi 28 novembre 2007, Hongrie

Drapeau Hongrois

Budapest est une ville décomplexée. La jeunesse hongroise arpente les bars branchés, les marchés de Noël fleurissent sur Vaci Utca, proposant du vin chaud et des spécialités alléchantes auxquelles on succombe volontiers.

Nous retrouvons notre amie Anna…Cette hongroise pleine de vie nous accueille une nouvelle fois dans sa famille.

Rustine a Budapest

Mardi 27 novembre 2007, Hongrie

Drapeau Hongrois

De part et d’autre du Danube, le vieux Buda et la vaste ville de Pest, sont pour nous remplis de symboles. Nous restons pensifs faces aux rives illuminées du fleuve ou se reflette une capitale chargée d’histoire.

Budapest

Lundi 26 novembre 2007, Hongrie

Drapeau Hongrois

Nous avons quitté ce matin la Croatie vers les terres hongroises. Notre dernière escale croate a Varazdin nous donne l’occasion de tenter de réparer les feux de la marche arrière de Rustine. Après plusieurs heures de trifouillage électrique sans résultat probant, nous nous accordons à dire que les feux de marche arrière doivent tout simplement être inexistants sur les 2CV…

Halte mecanique a Varazdin

Le froid est à chaque instant un peu plus saisissant. La nuit tombant, nous choisissons pour bivouaquer le village de Szegliget sur les rives du Lac Balaton; petit bourg plein de charme aux maisons à toits de chaume. La neige nous rattrapant à grand pas, nous passerons la nuit dans Rustine immaculée de neige.

Village de Szegliget

Sur les rives du lac Balaton

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Balaton by night

Dimanche 25 novembre 2007, Croatie

Drapeau Croate

Nous partons tôt ce matin pour le grand marché aux puces de zagreb « Hrelic ». Il s’agit d’une immense foire qui s’étend à perte de vue. Des pièces détachées de voiture aux ustensiles du quotidien jusqu’aux plats traditionnels, nous sommes submergés d’étals et de boui-bouis en tous genres.

Marche de Zagreb

Les vendeurs viennent de tous les horizons d’Europe de l’Est et se retrouvent ici pour faire des affaires. Nous en faisons aussi: un autoradio aussi vieux que notre Rustine ne nous coutera que quelques Kuna.

Nous partagerons le dimanche après-midi avec Srecko et les membres du « Spacek Klub » de Zagreb, autrement dit le 2CV Club, qui nous proposent une visite de la capitale. Srecko est un petit homme rigolo avec un air bien malicieux derrières ses minuscules lunettes rondes. Il n’en a pas que l’air: en ce jour d’élections présidentielles, avec une assurance déconcertante, quelques mimiques de diplomate, et prétextant le tournage d’un documentaire, même les policiers zélés nous ouvrent les places des bâtiments officiels. Il faut dire que le convoi n’est pas banal. Ces ruses nous valent de belles photos inédites.

Spacek Klub

Une escapade dans l’arrière pays croate nous mène jusqu’au village de Samobor. Srecko et sa famille mènent la procession a bord de leur magnifique Tube d’époque, puis nous proposent de passer la nuit dans leur caravane au beau milieu d’un troupeau de 2CV Croates… On a bien fait d’accepter; toute la nuit des trombes d’eau s’abattent sur la région et sur notre caravane par la même occasion.

Samedi 24 novembre 2007, Croatie

Drapeau Croate

Après une journée de travail sur le reportage et le blog, nous profitons de la soirée en compagnie de Grga pour visiter de nuit le centre ville de Zagreb. Les vieux quartiers nous ont agréablement surpris par leurs vieilles bâtisses, et le dynamisme de la jeunesse croate. Ces derniers se retrouvent souvent dans des bars alternatifs qui ne sont autres que des anciens blocs communistes ou des garages désaffectés reamenagés en bars musicaux aux allures de squat.

6 commentaires »

  • Aude dit :

    C’est assez génial de suivre vos pérégrinations, même de manière synthétique.
    Vous êtes les blogtrotteurs les plus chics du monde !
    Bons baisers de Bruxelles !

  • charlotte-emile dit :

    Salut les expéditeurs, c’est énorme!

    c’est tellement bien écrit et les photos sont tellement belles qu’on s’y croirait. Qui écrit d’ailleurs c’est si riche que je suis obligé d’avoir le dictionnaire à coté de moi, vous etes chiant ! Vous me faites rêver continuez comme ca et à bientot.

    Gros bisous de la carotte

    Alex

  • charlotte-emile dit :

    Salut les Aqua-deuxchevaux-rouleurs,

    je vous souhaite un joyeux Noel et je vous envoie un petit peu de chaleur en cette soirée de réveillon. J’espère que vous allez trouver des autochtones qui s’occuperont bien de vous. Un verre d’alcool, de la musique un chocolat et roule pour le plus beau réveillon de votre vie!!!!

    Gros bisous et à l’année prochaine mes Loulous bécanes!

    Alex

  • charlotte-emile dit :

    Bonne Année et Bonne santé poil au nez! Que 2OO8 soit synonyme de réussite et de bonheur.

    Bisous et à Plus dans le bus !

  • Guillaume dit :

    Hello les loulous !

    Quel périple ! Voila ici en Normandie, l’année 2008 commence ! La Nath et moué on vous la souhaite bien bonne ! profitez en bien et bon courage !
    Continuez à être prudent ,

    On vous embrasse bien fort, on pense a vous et bonne année 2008 !!!!

    Gros bisous,

    Guillaume Bogu et Nathalie

  • Suzie dit :

    Hello vous deux,
    sachez que je pense à vous deux even if I don’t write you every day. Here all is gone, I hope your trip will be very pleasant with many differents surprises.
    In april I’m going to england one week Eleanor invit me, she lives near Wimbledon, and in the end of april, I’m going to Seatle and San Francisco with my company. What do you think ?? When you will see me again in eight month may be , I will be able to speak english without fault. Bon j’espère que vous me comprenez je m’entraîne, non sans rire plein de pensées tendres et de temps en temps essayez de me donner de vos nouvelles !!!!!!
    bises à vous deux !!!!!
    take care of together
    you miss me
    plenty of kisses
    chantal or Suzie

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