Istanbul la Magnifique
Du vendredi 18 janvier 2008 au samedi 26 janvier 2008, Turquie
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Nous enjambons le Bosphore par le Pont de l’Europe. En foulant pour de bon le continent asiatique, nous laissons derrière nous 5600 kilomètres d’Europe et d’expériences sacrément enrichissantes.
En longeant la côte de Kadikoy et de Bostanci, le soleil se couche derrière les Iles aux Princes. Le ciel se teinte en un rouge éclatant. Nous faisons halte face à ce spectacle et rendons un dernier hommage à Istanbul.
Une heure après le ferry de Yalova, nous atteignons Bursa.
Bursa est une ville de renom et ceci pour plusieurs raisons. Dernier bastion de la route de la soie, elle est encore aujourd’hui réputée pour sa production séricicole exposée dans le majestueux caravansérail qui trône en son centre. Accrochée sur le flanc du mont Uludag, Bursa est avant tout pour de nombreux turcs la meilleure station de ski du pays.
Mais la raison pour laquelle nous nous sommes personnellement intéressés à Bursa est la suivante: l’eau y est d’une pureté que personne ne semble remettre en doute. Les eaux fortement minéralisées de la rivière Nilüfer qui alimente la ville sont renommées depuis bien longtemps. De nombreux hammams et bains se sont développés il y a plus de 7 siècles et aujourd’hui encore, les vertus curatives du précieux liquide attirent de nombreux malades. Plusieurs usines d’eaux minérales sont implantées dans le secteur et Mr Erbak, premier producteur d’eau minérale du pays, a accepté de nous recevoir. Ce dernier est d’autre part Consul Honoraire de l’ambassade de France et en bon francophile, il semble aussi ravi que nous de partager son savoir avec deux jeunes français de notre espèce.
Lara, une jeune institutrice française, nous ouvre les portes de son appartement. Nous rencontrons autour d’un bon repas tous les enseignants du département de français de l’école dans laquelle elle travaille. Tous ont à peu près notre âge et une ambiance décontractée règne dans ce petit bout de France. Bien que sans l’avoir programmé, nous resterons près de 10 jours à Bursa, acceptant avec grand plaisir les invitations successives de Lara, Fabien, puis Perrine et Greg.
Nous préparons à Bursa la suite de l’itinéraire et face au froid et au relief qui nous attend, nous faisons le tri une fois de plus dans nos affaires, délestant Rustine de nombreuses affaires trop encombrantes.
Nous nous sommes fait une fois de plus des amis que nous avons bien du mal à quitter.
Après de si belles rencontres, qui sont pourtant l’essence même du Voyage, ces séparations successives et souvent forcées remettent en question, le temps d’un instant, sa raison d’être. Elles lui donnent parfois un goût un peu amer.
Du mardi 8 janvier 2008 au jeudi 17 janvier 2008, Turquie
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Beaucoup de travail nous attend. Nous nous mettons à jour sur notre projet Noria. Nous reprenons contact avec les ambassades, les institutions et les établissements scolaires qui ont accepté de nous recevoir ainsi qu’avec les média qui suivent notre initiative. Nous actualisons notre blog et répondons à notre courrier. Nous trions le matériel audio-visuel que nous avons accumulé jusque là et retravaillons nos premières séquences vidéos.
En parallèle, nous courons de consulats en administrations et de bureaux en bureaux pour organiser la suite de notre voyage. Nous ne manquons pas en passant de découvrir les merveilles que cette ville grisante offre aux voyageurs.
Le quartier nous est de plus en plus familier; le barbier du bout de la rue rêve de faire un sort à ma toison faciale, le serveur ouzbek du café du coin me saute dessus à chaque occasion pour me taper la bise à la mode d’ici, alors que le tenancier du restaurant de la place garde un œil jour et nuit sur notre bicylindrée.
Nous rencontrons Suat, un jeune cadre élégant et décontracté. Ce dernier nous ouvre les portes d’un Istanbul qui nous est totalement inconnu: l’Istanbul moderne, celui de la place Taksim et de Istiklal Cadessi.
Aux cotés de Suat, nous découvrons la jeunesse stanbouliotte, les restaurants animés et les bars estudiantins. Et comme si tout ce dévouement n’était pas suffisant, ce dernier nous accueille chez lui pour profiter pleinement de nos deux derniers jours dans la ville.
Chaque jour, Istanbul nous dévoile un peu plus de ses trésors. Nous venons parfois sur le pont Galata partager la frénésie des pêcheurs du dimanche.
Au coucher du soleil, la tour du même nom offre une vue panoramique magique sur la ville dont les mosquées se découpent dans le ciel orangé.
Les rues regorgent de perles culinaires: moules farcies de riz parfumé que le vendeur ambulant vous enfourne une à une dans le gosier jusqu’à ce que vous manifestiez votre rassasiement; kokores, andouillette de mouton ficelée et cuite au feu de bois; les fameux simits, viennoiseries saupoudrées de grains de sésame, que les enfants ou les hommes portent sur des plateaux posés sur la tête, et que l’on déguste à toute heure de la journée; Salhep, cette boisson bouillante et lactée à base d’orchidée, de cannelle et de gingembre, contenue dans des jarres de cuivre; enfin les kebabs en tous genres et autre köftes que des cuisiniers, poussant leurs charrettes, vous préparent à la chaleur de leurs braises et vous servent en vous posant de petits tabourets en plastique sur le pavé…
Décidément, Istanbul nous manquera…
Du samedi 5 janvier 2008 au lundi 7 janvier 2008, Turquie
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Près de trois semaines après notre première rencontre dans les contreforts des Balkans, il est temps pour Ekate de rejoindre la Bulgarie et Bouhovo. Nous nous quittons émus avec l’étrange sentiment que le troisième pilier de notre odyssée bulgare, venait de disparaître.
Puis se fut au tour de notre famille de nous dire aurevoir. En voyant disparaître le taxi, nous restons hébétés, tous les deux, sur les pavés de Sultanahmet. Un étrange sentiment de solitude s’empare soudainement de nous. C’est un peu comme si nous venions d’aménager dans un nouvel appartement et que nous nous retrouvions pour la première fois face à nous même. Comprendra qui peut.
Vendredi 4 janvier 2008, Turquie
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Aujourd’hui est un jour un peu à part. Nos parents ont décidé de nous rendre visite pour quelques jours. Nous les retrouvons à l’aéroport Ataturk. A peine arrivés, ils nous inondent de douceurs du pays, offertes par la famille et les amis. Ces intentions nous font chaud au cœur et nous nous empressons de faire un peu de place dans les malles de Rustine pour ces trésors culinaires.
Du mardi 1er janvier 2008 au jeudi 3 janvier 2008, Turquie
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La ville se vide soudainement de ses visiteurs éphémères. Les vacanciers ont disparu comme ils sont venus et nous nous retrouvons presque en tête à tête avec nos voisins autochtones. Phénomène bien étonnant quand on connaît l’attraction touristique que génère cette partie de la ville.
Uniques cibles des vendeurs de tapis, nous devons redoubler de ruses pour nous en faire d’éventuels amis. Heureusement, ici, il n’est pas bien difficile de se faire son trou. Pour plusieurs raisons, nous devons séjourner quelques semaines à Istanbul et nous nous réjouissons de la gentillesse des habitants du quartiers.
La plupart des commerçants se font une raison et troquent leurs discours rodés de rabatteurs pour des invitations au thé qui en disent long sur la curiosité insatisfaite qu’ils portent sur les voyageurs.
Istanbul reste une ville particulièrement onéreuse et un long séjour dans la mégalopole n’était pas prévu dans notre budget. Les frugales soupes aux haricots du boui-boui d’en face en sait quelque chose. Le poisson est d’autre part une valeur sûre pour les petits portes-monnaie. Il n’est pas bien compliqué de trouver pour quelques liras, hors des sentiers battus, des cantines populaires qui offrent aux appétits un tantinet curieux mille façons de se régaler.
Lundi 31 décembre 2007, Turquie
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Nous voici à la veille de la nouvelle année. Derrière nous 2007 et l’Europe laissent place à 2008 et au continent asiatique. Nous déambulons, les yeux écarquillés, dans les rues de Sultanahmet et profitons de notre première matinée dans la ville portuaire en arpentant les rives de la Corne d’Or et du grand Bosphore. Sur les quais, les pêcheurs retirent à chaque lancé de canne des chapelets de petits poissons argentés. Les sirènes hurlantes des ferries sonnent le départ pour Beyöglu ou Uskudar, sur la rive asiatique.
En longeant la mer de Marmara vers l’ouest, nous nous retrouvons dans le tourbillon du marché aux poissons. Les produits de la mer sortent tout juste des chalutiers et des rafiots amarrés à deux pas des stands; turbos, loups, daurades et maquereaux nous font les yeux doux.
A cette période, Istanbul se voit envahi de jeunes touristes internationaux excités à l’idée de passer le nouvel an dans les quartiers branchés de la ville.
Les hébergements sont pris d’assaut et espérer être accueilli chez l’habitant serait une illusion. N’ayant pas dans nos habitudes de réserver un logement, nous avons bien du mal à trouver un toit à un prix raisonnable. Nous trouvons tout de même une auberge de jeunesse bondée qui accepte de nous céder un coin de couloir entre les douches et les toilettes.
Ekate, notre amie Bulgare nous a rejoint par le bus Sofia-Istanbul. De toute part, nous nous voyons invités à partager les verres de liqueurs provenant des quatre coins de l’Europe: apéritifs hongrois, bière turque, raki bulgare, vin français… Nous qui croyions devoir renoncer à la moindre goutte d’alcool en quittant la Bulgarie, nous voici embarqués dans un réveillon bien festif!
Sans pour autant snober les préoccupations occidentales, nous choisissons de fêter la nouvelle année dans une ambiance un poil plus locale. Nous prenons une table dans une taverne réputée pour ses délicieux mezze (hors d’œuvres turcs) et sa musique traditionnelle. Elle fut à la hauteur de sa réputation. Après les fumées délétères d’un narguilé fruité, nous nous délectons d’innombrables légumes farcis, köfte, et crudités multicolores. Nous ne regrettons pas d’avoir quitté les basses endiablées de la techno pour les mélodies envoûtantes des instruments orientaux.
Murad, le gérant d’un çay evi (maison de thé) entre deux âges rencontré la veille, nous attend pour la suite de la soirée. Un thé la main, face à une mer de Marmara magnifiquement éclairée par la lune, nous entrons dans la nouvelle année.



































De passage à Luang Prabang? Venez participer à la rencontre "Noria, les dessous du voyage" qui se tiendra au Centre Culturel Français le Samedi 10 Décembre 2011 à 18h. Entrée Libre
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