Vers l’Anatolie centrale
Vendredi 1er février 2008, Turquie
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Le deuxième appel à la prière du Muezzin sonne pour nous le départ. Nous remettons les voiles pour le sud. En doublant la ville de Nigde, la neige disparaît doucement laissant place à un climat méditerranéen qui nous est bien familier. Un semblant de garrigue couvre même les basses collines qui bordent la ville de Tarsus. Nous avons bien du mal à retenir quelques frissons.
La route est bonne. Malgré la nuit, nous décidons de rejoindre ce soir la ville de Gaziantep, notamment réputée pour ses délicieux baklavas, feuilletés au miel et aux pistaches abondamment arrosé de sirop et de miel.
Jeudi 31 janvier 2008, Turquie
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La médiocrité de l’hôtel n’a d’égal que son petit déjeuner.
Sur la route de Göreme, les hauteurs du mont Argeus (3916m) se dressent majestueusement sur notre gauche. Par ce temps, notre allure n’excède pas les 50km/h et les chaînes sont de rigueur. De saisissants paysages se succèdent: alors que les plaines immaculées évoquent les steppes sibériques, les contreforts du massif du Taurus nous ramènent au cœur de l’Anatolie. Les routes sont vides ou presque. La Capadocce tant convoitée par les touristes en été semble retrouver son caractère authentique hors saison. D’autant que de mémoire de turcs, les hivers aussi rigoureux se comptent sur les doigts de la main.
C’est non sans excitation qu’au détour d’un flanc de colline nous apercevons le fameux village de Göreme. Les formations rocheuses de la région sont renommées dans le monde entier. Le tuf, façonné pendant des millénaires par le vent et l’eau, a formé une multitude de pythons rocheux, les « cheminées de fée », qui donnent au paysage un visage surnaturel.
En arrivant, ce spectacle irréel défie l’imagination. Vallons sinueux, crevasses ondulées, et partout ces énormes masses en forme de champignon. Cette curiosité naturelle et géologique attire les hommes depuis bien longtemps. Bon nombre des cheminées de fée sont creusées comme du gruyère. D’antiques habitations troglodytiques donne l’impression de se balader dans un champs de morilles géantes.
Une multitude d’églises rupestres furent creusées dans les cônes de tuf à l’époque des premiers chrétiens et la région fut alors le berceau de la religion. Protégés par la rigueur du climat et isolés géographiquement, ces vestiges sont encore bien conservés.
Le village de Göreme, bâti au cœur de ses ruches mégalithiques a su se préserver des conséquences néfastes du tourisme de masse. Les villageois vaquent tranquillement à leurs occupations sans paraître conscients du site invraisemblable dans lequel ils vivent. Sans manière aucune, un vieil homme s’accroche à mon bras pour le soutenir dans l’ascension de sa ruelle pendant que Coralie plaisante au sujet de Rustine avec le tenancier de la maison de thé du bout de la rue.
Seuls touristes, nous avons presque l’impression d’être les premiers visiteurs étrangers! Délicieuse illusion…
La plupart des hébergements ont fermé boutique pour la saison. Au coin d’une ruelle, un petit établissement nous loue deux lits dans une salle troglodytique en échange de quelques liras.
Mercredi 30 janvier 2008, Turquie
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Sur la route de la Capadocce, les collines drapées se transforment doucement en de gigantesques montagnes aux sommets acérés.
Au fil des kilomètres, la température se refroidit considérablement. Aux abords de Kirsehir, le vent se lève soudainement et le froid devient mordant. Le thermomètre indique -30 degrés. La route n’est plus qu’un tapis de glace. L’emprise des pneus sur ce sol instable nous donne du fil à retordre. Nous devons régulièrement nous arrêter, à l’image des rares autres véhicules, pour mettre ou enlever les chaînes.
Au détour d’un virage, nous nous retrouvons bloqués par la neige. Une demi douzaine de camions semblent patienter depuis déjà bien longtemps. Qu’attendent-ils, exactement? Nous n’en savons rien. A priori eux non plus: après une bonne heure calfeutrés dans Rustine, dont nous avons colmaté tous les orifices susceptibles de laisser passer le vent et les flocons, nous nous en allons quérir quelques explications. Les seules que nous recueillons nous laissent quelque peu dubitatifs: personne ne semble vraiment connaître les éventuelles solutions de ce problème, mais aucun ne s’est décidé à rebrousser chemin! Quand nous mettons cette éventualité sur le tapis, elle séduit pourtant plusieurs routiers qui s’empressent eux aussi de faire demi-tour.
Malgré la prudence des conducteurs, nous apercevons de nombreuses voitures échouées sur le bas-côté. Nous n’échapperons pas à la règle: dans un faux plat, une motte déséquilibra la direction et notre fidèle Rustine, impuissante, échoua lamentablement dans un tas de neige. La nuit tombe vite, la voiture est profondément embourbée et la température ne nous permet pas de nous éterniser dehors. Nous laissons notre fidèle 2CV à son triste sort et longeons la voie à la recherche d’une âme charitable qui pourrait nous sortir de ce pétrin.
C’est alors qu’une patrouille de police s’arrête à notre niveau et nous invite à profiter des bienfaits de leur chauffage. Le chauffage!…nous avions presque oublié ce détail évident qui fait pourtant la plus grande différence entre notre Rustine et les véhicules modernes. Le système se résume pour nous à deux tubes ralliant le moteur à l’habitacle. Un semblant d’air chaud peut éventuellement se faire sentir, mais pour cela, le moteur doit atteindre une certaine température et la différence thermale entre l’air ambiant et celui de la machine ne doit pas être excessif. Bien sûr, la chaleur devient particulièrement appréciée dès lors que nous montons en altitude. Mais le moteur se refroidissant proportionnellement à la température extérieure, le système n’est que poudre aux yeux. Bref, le chauffage fonctionne parfaitement en été!
Le destin est parfois moqueur. Au lieu du décor irréel de la Capadocce que nous espérions atteindre ce soir, nous nous contentons d’une chambre sordide dans le centre de Kayseri.
Du dimanche 27 janvier 2008 au mardi 29 janvier 2008, Turquie
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Notre prochaine étape est Ankara.
En toile de fond, les vallons drapés recouverts d’une fine pellicule de neige renvoient aux images de l’Anatolie telle qu’on peut l’imaginer. Bien qu’on soit au dessous de zéro, le climat est sec et la température encore douce pour la saison. Nous faisons halte dans un champs pour pique-niquer dans ce décor remarquable.
Nous atteignons Ankara en fin de journée. Deuxième démographie du pays, la capitale compte 4 millions d’habitants (celle d’Istanbul est estimée à plus de 16 millions!).
Ibo et Hyit, deux jeunes étudiants de 18 ans nous accueillent dans leur co-location. Nous y sommes reçus comme des rois. Ces jeunes turcs vivent dans l’insouciance que connaissent la plupart des étudiants de chez nous et nous sommes enchantés de nous joindre quelques jours à leur quotidien.
La citadelle surplombant la ville offre une vision d’ensemble unique. Les toits minuscules blanchis par la neige s’enchevêtrent et forment un tapis aux mailles étroites qui s’étend jusqu’à l’horizon.
Madame Durieux, Attachée Culturelle de l’ambassade de France est notre contact en Turquie. Elle fut à l’origine de bon nombre de nos rencontres relatives au projet Noria. Cette dame généreuse et raffinée nous reçoit dans son bureau. Nous échangeons les informations nécessaires à la poursuite de nos enquêtes.
Bien caché dans les dédales du Ministère de la Santé turque, nous retrouvons Monsieur Boschet, détaché des services français pour le département de la qualité des eaux. Il nous fait part de son opinion sur les problématiques environnementales, sur les enjeux économiques qui découlent de la politique hydrique du pays, ainsi que sur la conception que porte la population turque à l’égard de l’eau de consommation et de sa distribution.






















Nous sommes de retour au Laos depuis le 1er février 2010. Mais le projet Noria n'est pas mort, aidez-nous a le faire vivre en nous envoyant vos suggestions, notamment d'interventions.
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