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Sous le signe de Robinson

25 mars 2009 Aucun commentaire

Samedi 18 Octobre 2008 et Dimanche 19 Octobre 2008, Thaïlande

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Après une courte halte dans la ville huppée de Hua Yin, nous poursuivons notre route vers Bangkok. Atteignant Damnoen, nous décidons de faire halte quelques jours. Cette petite ville est située au croisement de petits canaux qui ont fait sa réputation. Ses marchés flottants sont incontournables et les bus de touristes que nous croisons à notre arrivée nous le confirment. Pour éviter la cohue, il suffira, une fois encore d’aller juste un peu plus loin : les bus larguent leurs passagers en des points bien stratégiques (ceux des vendeurs de bibelots et des restaurants) que ces derniers quittent rarement.

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Comme il est coutume dans bien des coins du pays, les commerçants (ou plutôt les commerçantes, il s’agit surtout de femmes) vendent, échangent, achètent au raz de l’eau. Seules maîtresses de leurs barques, elles les aménagent selon leur spécialité et la nature de leur commerce : faiseuses de soupes ou de beignets de riz, vendeuses de fruits ou de légumes, de chapeaux ou de parapluies. A les observer, leur canots font pour ainsi dire partie d’elle-même. Prolongement de leur corps.

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Au besoin, les clients les interpellent depuis le quai ou de leurs propres embarcation. L’animation qui règne ici est  magique. Le plus étonnant reste encore les rires spontanés qui se font entendre à chaque collision : les siècles d’accrochages n’ont pas érodé la bonne humeur de ces femmes embarquées.

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Sur le dernier tronçon de route qui nous mène doucement à Bangkok, nous ressentons une petite faiblesse au niveau de la boîte de vitesse. Les mauvais souvenirs d’une mésaventure népalaise refont surface. Enfin…l’aventure commence quand la voiture s’arrête…en attendant, elle roule encore, profitons-en!

Vendredi 17 Octobre 2008, Thaïlande

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Difficile de quitter Patricia, Nui, Nayona et Chalie. Ce sont au fil du temps devenu de vrais amis. Nous les embrassons, le cœur serré.
Rustine remonte doucement la longue langue de terre prise en tenaille entre la mer d’Andaman et le golfe de Thaïlande. Comme on nous l’avait prédit, la mousson est bien au rendez-vous. La visibilité est mauvaise et la conduite difficile. Une nouvelle fois, nous traversons les plantations d’hévéas, les cocoteraies, les champs d’ananas.
Nous posons le bivouac à Chumphon où, paraît-il le marché de nuit vaut le détour. Après avoir erré parmi les poulets grillés, les abats mijotés, les soupes de nouille, les fruits frais, les poissons en brochette et les insectes confits, nous préparons la couchette de Rustine, garée pour la nuit sur un petit terrain vague tranquille, derrière une usine métallurgique (!). Loin d’être idyllique, l’endroit à néanmoins l’avantage d’être calme.
Dès les premiers éclairs, nous rabattons sur notre tanière la bâche de plastique qui nous a si souvent sauvée des intempéries.

Du Mardi 14 Octobre 2008 au Jeudi 16 Octobre 2008, Thaïlande

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C’est ici que s’achève le rêve. Mais un autre nous attend, celui de l’aventure.
De retour à Ao Nang, nous devons faire face à un petit problème mécanique que nous avions presque oublié : un problème de pression est indiqué sur l’unique voyant qui compose notre tableau de bord. Pression de quoi ? Huile, liquide de frein ? C’est l’énigme que nous devons résoudre.
Après une brève révision des circuits, nous percevons le problème. Le joint du réservoir de liquide de frein est hors d’usage. Heureusement, notre mécano-deuchiste Michel  de « 2CV chérie » nous en avait caché un dans nos pièces de rechange. Bien vu l’ami !

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Avant de reprendre la route vers le nord, il faudra régler un autre contretemps : celui de renouveler notre visa qui expire dans quelques jours. Appeler ça un contretemps serait faire fi du degré d’organisation du pays à l’égard de ses visiteurs ! Une fois de plus, on nous apporte la solution sur un plateau d’argent : un bus part chaque jour pour la Malaisie afin de permettre aux touristes à court de visa thaï de les renouveler à la frontière. Simple service ou contrôle total du tourisme… éternelle question. Quelle qu’en soit la réponse, il n’y a semble-t-il ici bien peu de place pour le doute et l’aventure.
Nous ferons donc l’aller-retour, dans la journée. Notre séjour en Malaisie durera 6 minutes. Un pays charmant, vous vous doutez bien !

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Lundi 13 Octobre 2008, Thaïlande

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Nous nous levons avec le soleil, excité à l’idée de vivre une journée de plus sur les traces de Robinson.
Ce matin, tous les deux,  nous traversons la petite jungle, et passons à travers la petite cavité rocheuse qui permet, en se tortillant un peu, de s’enivrer des derniers rayons de soleil qui naissent de l’océan. Fouettés par de violentes vagues, le point de vue est assez inconfortable, mais nous ne sommes pas seuls à apprécier le spectacle : un petit serpent des mers nous cède la place et une multitude de gros crabes violonistes s’agrippent eux aussi à la paroi.
Il est temps de repartir. Notre bateau nous attend. Nous ne pouvons nous décider à quitter si vite un tel paradis. Laissant toute l’équipe prendre la mer, nous leur annonçons alors notre intention de rester une nuit de plus.
« -Mais pour la nourriture ? Il n’y a rien à manger ici !
-Ne vous en faites pas pour nous, nous avons une certaine habitude de sauter des repas…et puis, vous aurez probablement d’autres clients ce soir. Nous nous joindrons à vous pour le diner. »
Voilà comment nous nous retrouvâmes seul sur cette île édénique. L’île est à nous !
Nous fixons notre hamac, séchons notre linge, partons à la découverte de NOTRE île. Nous vivons le roman de Defoe. Pour un jour et une nuit, rien ne pourra nous enlever cette fantaisie.

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En fin d’après-midi, notre petit bateau revient, avec à son bord, un unique couple de touriste. Rien qui puisse vraiment gâcher notre rêve.
L’orage de cette nuit nous obligera à dormir sous la tente collective autour de laquelle seront creusés de petits drains de circonstances. Mais le spectacle que donnent les éclairs en de pareils lieux vaut largement une séance de cinéma. Assis dans le sable, nous admirons ce spectacle sons et lumière exceptionnel.

Du Vendredi 10 Octobre 2008 au Dimanche 12 Octobre 2008, Thaïlande

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Pour les quelques jours qu’il nous reste sur la côte, nous comptons bien profiter des vertus insulaires.
Nous comptons le petit pactole que nous avions mis de coté pour célébrer nos anniversaires. Avec ces économies, nous avons de quoi nous payer un billet pour les îles Ko Phi Phi.
L’atoll comprend deux îles : Ko Phi Phi Don, la plus grande, très touristique et un petit îlot paradisiaque inhabité : Kho Phi Phi Le.
Kho Phi Phi Don est constitué de deux grands pitons rocheux reliés par une plage ouverte sur deux flancs de mer, au Nord et au Sud. Cette double plage est totalement dénaturée par les aménagements touristiques, véritables complexes de béton qui ne laissent peu de répit aux quelques cocotiers miraculés. Boutiques, hôtels et agences de plongées se disputent le territoire.

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De plus, l’île de Kho Phi Phi Don fut l’un des lieux les plus touchés par le tsunami. Le matin du 26 décembre 2004, de nombreux thaïs et autant de touristes venus fêter Noël périrent  ce jour-là sous les eaux. Encore aujourd’hui, une bonne moitié de la plage est jonchée de gravas. L’île se relève doucement de la catastrophe.

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Pour notre court séjour ici, nous dénichons une opportunité qui nous séduit. Une petite agence discrète propose une excursion sur l’île de Ko Phi Phi Le. Contrairement à la plupart de ses concurrents, notre interlocuteur ne nous propose pas une simple visite express de l’île, mais offre pour une somme dérisoire une nuit exclusive à la belle étoile sur ces lieux inscrits comme parc national. Sans trop savoir à quoi nous attendre, nous acceptons toutefois, pressé de sortir de ce flot touristique oppressant. En début d’après midi, notre petit bateau, nous attend. Nous partagerons cette expérience avec une petite demi-douzaine d’autres touristes. L’ambiance est conviviale. Nous prenons le large direction Ko Phi Phi Le, qui, à l’horizon, nous aguiche de ses reliefs vertigineux.

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Malgré sa petite taille (par son relief, un cinquième seulement de sa surface est accessible et peut être traversé en 5 petites minutes de marche) l’île devint célèbre par le film Hollywoodien « La Plage », avec Léonardo Dicaprio.
Après une petite heure de voyage, dans une gorge insoupçonnée le paysage tant attendu apparait doucement. Etablissant en son cœur un petit lagon turquoise, l’île abrite au creux du fer à cheval qu’elle forme une petite jungle verdoyante qui se perd en un cirque sans issue, surplombé par des falaises impressionnantes.
A travers nos masques de plongée, le spectacle est indescriptible. Sous nos pieds, les coraux accueillent une multitude de poissons multicolores, aussi différents les uns des autres. Bancs de poissons-perroquet, petits poissons rayés aux couleurs de l’arc-en-ciel, véritables caméléons des mers, longues aiguilles aux becs fins, serpents d’eau annelés, anémones aux tons vifs, oursins aux épines infinies. Nous batifolons comme des gamins pendant des heures, poursuivant ce mérou, observant ces poissons-clown. Un petit requin (inoffensif m’a-t-on dis…ouf !) ose passer à un mètre de mon masque. En levant la tête, les vertigineuses formations rocheuses aux pieds desquelles nous nageons ne cessent de nous rappeler notre insignifiance.

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La nuit est tombée. Nos compatriotes sont restés sous l’abri installé sous les arbres. Pour notre part, nous nous offrons un bain de minuit sous la lune.
Nous nous allongeons ensuite sur le sable blanc, apaisés par la fraicheur de la nuit et nous endormons. Les rêves, cette nuit, feront bien pâle figure face à la réalité.

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