Heure du frisson, temps des sourires
Du Lundi 3 Novembre 2008 au Jeudi 6 Novembre 2008, Cambodge
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Sur la route de Phnom Penh, les sourirent pleuvent à notre passage. Les faciès ont changés, plus bruns, plus bruts. A l’apparition de Rustine dans chaque village, les yeux des enfants brillent de malice, ou d’hilarité.
Depuis notre arrivée au Cambodge, la lumière du ciel est surprenante. Ces nuages lourds, jamais très loin, ces dégradés persistants. Les terres, gorgées par les pluies, reflètent fidèlement ce spectacle céleste. Les maisons de bois, perchées sur pilotis ont les pieds dans l’eau.
A Phnom Penh, il est convenu de retrouver Frédéric, un anthropologue de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement). Généreux comme pas deux, Frédéric et son amie khmère, Moni, éternellement joviale et souriante, nous ouvrent les portes de leur belle maison.

Tous les deux nous réservent une surprise de taille. Nous nous connaissons à peine, mais ont su nous toucher droit au cœur en nous préparant un mets de choix : une fondue savoyarde…avec du vrai fromage de la vraie France ! Frédéric n’aurait jamais omis en de pareilles circonstances l’apéritif au pastis et le vin blanc. Auraient-ils pu nous offrir meilleur accueil ? En voyant nos yeux pétiller de bonheur, Frédéric arbore un petit sourire malicieux qui veut dire « je le savais !».

Puis, Frédéric nous montre « notre chambre », nous désigne les vélos et nous donne un trousseau de clefs. Voila ! Leur générosité est totale et naturelle. Nous en sommes médusés…d’autant qu’une chambre…rien que pour nous…quand même !
Nous resterons quelques jours chez Frédéric et Moni. Puis, laissant Rustine entre leurs mains, nous rejoindrons en transport locaux le Vietnam où nos amis Chap et Sandrine nous ont donné rendez-vous.
En attendant, visitons un peu le quartier. Phnom Penh semble être une capitale agréable, à échelle humaine. Rien de tel que de la visiter à vélo à condition, en cette saison, de rentrer avant l’averse quotidienne qui lessive littéralement la ville en quelques minutes. Le développement urbain de Phnom Penh a su rester relativement sobre, laissant moins de place aux immeubles imposants qu’aux maisons modestes, dont certaines, traditionnelles, embellissent les quartiers. Jusqu’à quand ?

Nous avons rendez-vous avec le journal national anglophone, le Cambodian Daily, qui souhaite faire un article au sujet de notre voyage. Nous aurons la surprise dès le lendemain, lors de sa parution, de voir l’annonce de notre projet sur la couverture au côté des résultats des élections présidentielles américaine. Où, ailleurs qu’ici, aurions-nous pu avoir cet honneur ?
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Dimanche 2 Novembre 2008, Cambodge
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Quel plaisir de s’offrir quelques pâtisseries au petit déjeuner. Elles aussi ont échoué ici d’une France lointaine et gourmande. Contrairement aux habituelles « contrefaçons » pâtissières trouvées à l’étranger, celles-ci ont curieusement un goût presque de chez nous. Les épiceries désormais proposent Vache Qui Rit et vin du pays d’oc.
Nous traversons la rivière et rejoignons, cachée dans la forêt qui entoure la ville, une minuscule gare. Ou disons plutôt un petit préau isolé, face à un minuscule chemin de fer qui s’enfonce dans la végétation. Que faisons-nous là, vous direz-vous. Nous sommes venus découvrir un bien étrange moyen de transport. Bien moins qu’un simple moyen de transport, il est en fait question d’une incroyable adaptation commerciale des villageois sur le chemin de fer, pas assez productif à leurs yeux. En effet, voyant le faible nombre de passage des wagons, ils s’accaparèrent eux aussi la ligne en bricolant d’ingénieux plateaux en bambous adaptés à la voie ferrée qu’ils appellent « norry ». Ils pourront, à leur guise, faire transiter entre deux trains officiels, leurs produits.
Leur technique est excellente : sur un cadre en bambous, fixer deux essieux adaptés aux rails. Agrémenter le tout avec un moteur à fuel, (ou carrément, une moto dont la roue arrière tourne dans le vide) reliant un essieu par une simple courroie.

Comment résister à la tentation d’emprunter cette étonnante machine ? Entre deux plateaux de bois, nous faisons signe au « conducteur » et grimpons sur l’engin, entre d’autres passagers. L’expérience est d’autant plus désopilante que la vitesse est surprenante.

Nous roulons à grande vitesse sur des rails gondolés dont l’agencement n’est pas vraiment aux normes des standards européens. Les petits ponts en bois vermoulu qui apparaissent subitement dans le couloir de jungle que nous empruntons, font frissonner. Sensations garanties !

A chaque rencontre d’un train, ou d’un autre « norry » roulant en sens inverse, cette étonnante machine peut être désassemblée en quelques secondes, déposée sur le côté et remontée par la suite. Le plateau le plus chargé est prioritaire.

Pour la première fois depuis le Bangladesh, la population nous remarque. En Thaïlande, où les étrangers font partie intégrante de la vie de la plupart des thaïs, nous passions inaperçus. A nouveau, les visages se retournent, les cambodgiens nous considèrent, nous abordent avec cette même curiosité qui nous anime et qui favorise les échanges.
Samedi 1er Novembre 2008, Thaïlande, Cambodge
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Pour la énième fois, nous quittons Bangkok. Mais cette fois, il est temps de passer la frontière Cambodgienne. Sans savoir si les autorités nous laisserons pénétrer le territoire, nous préparons nos paperasses habituelles, notre press-book présentant les coupures de journaux à notre sujet glanés dans les différents pays traversés, les lettres officieuses que nous ferons passer comme officielles…enfin, toute la petite panoplie du passage en douane.
Et, comme dans la plupart des cas, les cambodgiens ne voient aucun inconvénient à ce que nous nous promenions dans leur pays au volant de cette amusante machine. Nos douaniers se risquent même à nous adresser la bienvenue dans un français hésitant.
Nous passons de l’harmonie au chaos. La ville frontière de Poipet se résume à une grande artère boueuse bordée par des immeubles disparates. Peu de voitures, ici, mais de nombreux deux-roues suffisent à rendre la route presque impraticable. De profondes ornières se cachent sous d’opaques flaques d’eau.

Ce qui vous frappe en arrivant au Cambodge, ce sont les sourires. Sans mauvais jeux de mots, ce sont des sourires débridés qui s’offrent à nous. Francs et généreux. Ces sourires sont le carburant de notre voyage. Et bien que ces gens qui nous saluent vivent de peu de choses, ce sont des sourires heureux que l’on nous adresse. Et puisque rien ne vaut le spectacle du bonheur pour vous remettre en train, nous filons sur Battambang.

Depuis 9 mois, nous roulons pour la première fois à droite de la route. Au fil des kilomètres, celle-ci devient meilleure et le ciel cambodgien nous accueille dans ses tons les plus beaux. De lourds nuages nous pendent au nez, menaçants. Mais reportant leur caprice, ils nous ouvrent le passage. L’immensité de la plaine rizicole qui nous entoure nous donne une belle leçon d’humilité.

A chaque village, les plus jeunes enfants, mi- nus, sautent dans les flaques de boues et courent en tous sens, pendant que leurs ainés pêchent la grenouille armés de longues cannes en bambou.
Au fil de notre fuite vers l’est, nous voyons depuis le début de notre voyage le soir arriver de plus en plus tôt. Il fait déjà nuit quand nous pénétrons dans l’ancien protectorat français de Battambang. Bien qu’elle soit la seconde ville du pays par sa taille, Battambang ressemble à un grand village. Traversée par la paisible rivière Stung Stangker, la ville a conservé quelques édifices marqués de l’architecture à la française. Une ville pleine de charme et de caractère à l’image des rêves d’enfants qui représentaient cet orient inconnu et mystérieux. On se croirait presque dans un roman de Marguerite Duras.

Les villes ont deux identités : celle du jour, et celle de la nuit. L’identité nocturne de Battambang est exaltante. De petits détails nous sont familiers. Promenade au bord de la rivière sous les réverbères Montmartrois. Les baguettes de pain vendues dans les carrioles ambulantes, le vieil hôtel « Le Paris », les cigarettes « Alain Delon ». Si pour la France cette petite ville cambodgienne est tombée dans l’oubli, cette dernière a gardé des traces de notre pays jusqu’au plus profond de son âme.

Un quinquagénaire aux airs malicieux nous confie dans un bon français ressorti pour l’occasion son amour pour les 2CV. Dans les années 60, il avait conduit la « Citrong » de son père. Il s’en rappelle comme si c’était hier.
La guesthouse où nous restons est établie dans un ancien hôtel de voyageurs, laissé dans l’état. Les plafonds sont hauts, tomettes au sol, armoires à miroir, balcons arrondis à colonnes. Malheureusement, le bâtiment et son mobilier n’est pas entretenu et ne perdurera plus bien longtemps.
En sortant, le soir, dans les rues enchanteresses de Battambang, nous entendons pour la première fois les premières notes tintinnabulantes des xylophones. Cette musique est l’ultime détail qui atteste de notre entrée en extrême Orient.
Du Mardi 28 Octobre 2008 au Vendredi 31 Octobre 2008, Thaïlande
Le soleil est à peine levé. L’humidité de la nuit a été étouffante. Nous devons nous lever avant de nous liquéfier sur place.

C’est l’heure d’un petit brin de toilette. Rien de plus simple, la cascade nous tend les bras. L’eau est fraîche et revigorante. La nature nous a fait là un bien beau cadeau. Il sera tellement agréable de reprendre la route propres et frais comme des gardons.

En démarrant Rustine, notre jeune amie d’hier soir est là. Elle n’aurait manqué notre départ pour rien au monde.

La route est longue et escarpée. La région compte de nombreux cours d’eau et d’innombrables cascades. Nous faisons halte à l’une d’elle pour midi.

Délogés par une averse, nous reprenons la route précipitamment.
Nous n’atteindrons pas le Cambodge aujourd’hui. Notre carte nous indique un parc National auprès duquel nous décidons de poser le campement. Nous nous dirigeons vers le village de Pan Sida, à la lisière de la forêt. Au cœur du village, un préau ouvert et vide apparaît à notre droite. Un endroit idéal pour se protéger cette nuit des pluies saisonnières.

Alors que nous parquons la voiture près de cet abri, un incident vient perturber notre enthousiasme : la boîte de vitesse se bloque soudainement. La marche avant est littéralement serrée. Pas moyen de faire un mètre de plus, ni en avant, ni en arrière. Nous revient à l’esprit la mésaventure de Katmandu. Sachant qu’il faudra pour venir à bout du problème, le soutien d’un garage (quasi-inexistants ici), le moral baisse dramatiquement. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
La nuit tombe vite. Le bivouac est installé au fond de l’abri et nous préparons le repas. Conscients des difficultés qui nous attendent pour demain, nous nous efforçons de dédramatiser la situation et nous couchons sous notre moustiquaire.
Vers 23h, alors que nous dormons depuis déjà quelques heures, une première voiture emprunte sur les chapeaux de roues le petit chemin qui mène à notre abri. Le faisceau des phares dévoilent brièvement notre installation. Deux hommes sortent alors du véhicule, et d’une brutalité incompréhensible, lancent des altercations lourdes de menaces à la maison voisine. Coralie dort toujours. Les deux hommes incontrôlables se décident à partir. Nous ont-ils vus ?
Bien qu’inquiet, je m’efforce de me rendormir. Alors que je retrouve mon calme, nos deux noctambules, probablement ébréchés par les distillations locales, reviennent à la charge, plus violents que jamais. Coralie s’éveille et découvre la scène. Les deux larrons, armé d’un bâton, jurent à l’égard des imperceptibles voisins. Sans défense aucune, nous gardons le profil bas. La peur nous envahit quand le plus acharné des deux acolytes s’approche de nous, en cognant sur tout ce qui est à sa portée. Heureusement, nous n’en sommes pas là. A quelques mètres de nous, il change de direction et met le cap sur Rustine. Après s’être contenté d’un violent coup de pied porté à notre inoffensive bicylindre, il remonte dans son 4×4 que son compère démarre en trombe pour disparaitre dans la nuit.
Jamais deux sans trois, ils reviendront peut-être. Il n’est pas question que nous restions ici. Nous plions nos affaires, et, abandonnant la voiture immobilisée, marchons le long de la route. Nous finirons la nuit sur un banc en bois un peu plus loin. Jusqu’au matin, les habitants de ce lugubre village errent autour de nous, imbibés par l’alcool.
Citons une fois encore Nicolas Bouvier, qui su, mieux que quiconque mettre des mots sur le voyage et ses aléas. C’est à la Peur qu’il fait référence lors de sa « route de l’Anatolie » :
« Il est temps de faire ici un peu de place à la peur. En voyage, il y a ainsi de moments où elle survient, et le pain qu’on mâche reste en travers de la gorge. Lorsqu’on est trop fatigué, ou seul depuis trop longtemps, ou dans l’instant de dispersion qui succède à une poussée de lyrisme, elle vous tombe dessus au détour d’un chemin comme une douche glacée. […] La moitié au moins de ces malaises sont –on le comprend plus tard- une levée de l’instinct contre un sérieux danger. Il ne faut pas se moquer de ces avertissements. »
Comme un clin d’œil ironique, Bouvier finit par ces mots :
« Pas besoin de brigands pour cela ; il suffit d’un hameau de montagne misérablement isolé, d’une discussion irritée à propos d’un pain ou d’un poulet où, faute de se comprendre, on gesticule de plus en plus fort, avec des regards de plus en plus inquiets jusqu’à‘à l’instant où six bâtons se lèvent rapidement au dessus d’une tête. Et tout ce qu’on a pu penser de la fraternité des peuples ne les empêche pas de tomber. »
Enfin, pour notre part, ils ne tombèrent heureusement jamais.
Au petit matin, nous revenons sur les lieux. Rustine est toujours là. Les passants, encore saouls de la veille, sont dans des états pathétiques. L’un d’entre eux, juché sur son vélo, va jusqu’à s’arrêter sur le bord de la route, et sans quitter l’engin, s’urine dessus…Qu’est-il arrivé à ce village pour en arriver là ?
Après avoir constaté les dégâts en ouvrant la boîte de vitesse, je m’efforce de trouver un garagiste assez sympathique pour nous donner un coup de main. On m’emmène à moto vers un garage. Mais le sort semble s’acharner contre nous. L’unique mécanicien refuse même de m’écouter.
Nous ne passerons pas une nuit de plus ici ! Il faut trouver une solution. Il nous faudra plusieurs jours et un peu d’aide pour réparer la panne et une chose est sure : ici, rien ne sera possible. Un jeune daigne m’écouter. Comme ici, personne ne parle l’anglais, c’est par dessins que nous communiquons. Le schéma d’un camion-plateau transportant Rustine suffira pour lui faire comprendre nos intentions : ramener Rustine à Bangkok où nous avons le contact d’un spécialiste de 2CV.
Une fois le prix de notre camion négocié, la voiture est hissée sur son pont et nous embarquons pour Bangkok. Décidemment, cette ville nous colle à la peau !

Pascal, cet antiquaire français vivant à Bangkok, nous avait parlé d’un vieux monsieur thaïlandais qui, dans le temps, était spécialisé dans les Citroën. Quelle aubaine !
Nous débarquons Rustine devant chez Mr Ampai, dans un faubourg populaire de la capitale. Devant nous, une superbe DS donne le ton. Mr Ampai, du haut de ses 80 ans, n’avait sans doute pas vu de 2CV en état depuis quelques temps. Bien qu’il en eût deux en épave dans son garage, ses yeux brillèrent en voyant Rustine.

Nous nous mettons au boulot, sous ses ordres. Nos discussions se résument à des gestuelles ridicules, qui, au-delà de toute attente, suffirent largement à se lier d’amitié avec ce papi extraordinaire.
Pendant deux jours, nos doigts maladroits assistent les gestes minutieux de ses mains compétentes. Plusieurs fois, nous tombons le moteur, ouvrons la boite de vitesse, rassemblons les pignons disloqués, et remontons l’ensemble. Plusieurs fois, il faudra répéter l’exercice. Le visage serein, étiré d’un sourire quasi-permanent, le vieil homme s’applique en besogne. Ses avant-bras trahissent de longues années consacrées au tournevis.
Après plusieurs jours de mécaniques, la boîte de vitesse est fixée. Nous fêtons ce succès en invitant Papi Ampai dans sa gargote favorite et saluons notre sauveur (qui s’empresse de graisser un dernier p’tit coup les pattes avant de la bête) en lui promettant de lui écrire.
Ce soir, au beau milieu d’une sombre ruelle, la tente sous laquelle nous dégustons une salade de papaye au crabe cru, est prise sous un violent orage. Des tombent d’eau s’abattent soudainement sur le boui-boui, vers lequel les passants ruisselants se précipitent. De gros rats affolés passent entre nos jambes dans une course folle. Au-dessus de nos têtes, la pluie s’abat sur la bâche en un fracas assourdissant. Pour l’avoir expérimenté de nombreuses fois lors de ce voyage, l’orage, plus que tout, fédère et réinvente la convivialité.
Lundi 27 Octobre 2008, Thaïlande
Il est temps de nous séparer. Amanda et Olivier useront leurs mollets en remontant vers le Laos. De notre côté, nous continuons vers l’est…toujours vers l’est. Les au-revoirs sont difficiles, mais nous savons que nous nous retrouverons à Vientiane dans quelques mois. C’est promis !

Le long de la route, de gros paniers à large mailles sont déposés, renversés. Chacun d’eux abrite un coq majestueux au pédigrée irréprochable. Chouchoutés par les thaïs, ces gallinacés constituent leur passe-temps favori. Ils seront les (tristes) héros de combats impitoyables qui feront (ou non) la fierté de leurs propriétaires.
Plus loin, ce sont d’autres volatiles qui attirent notre attention : à travers la capote ouverte, le vol de dizaines de cigognes ont pris d’assaut le paysage. Leur vol majestueux nous rappellent leurs cousines alsaciennes…à moins qu’ayant parcouru le même voyage que nous, ça ne soient elles ?!
Pour midi, le repas s’improvise au bord d’un chemin. Au cours d’un long voyage tel que le nôtre, les « pique-niques » sont légion. Il est indispensable de considérer ces repas en tant que tels et ne pas se contenter de simples en-cas ou de maigres sandwichs. Ce n’est pas que ces repas de fortune doivent être particulièrement élaborés, mais ils font partie de notre quotidien, et pour cette raison, un certain effort doit être fait pour manger équilibré et en quantité suffisante.

Nous quittons la route principale au niveau de la cascade de Kra Ang. La nuit s’annonce doucement. Ce soir, ce sera au pied de ces chutes d’eau que nous installerons le bivouac. Au-dessus de nos têtes, au sommet de la colline, trône un gigantesque bouddha qui surplombe le plateau.
La pluie ne nous épargnera pas, cette nuit. Nous aménageons notre dortoir en conséquence.

Dans une petite hutte voisine, quelques chandelles trahissent une présence. Une petite fille adorable et souriante en sort. Sa maman la prie de ne pas nous importuner. Mais il y a des tentations qui ignorent les sermons. Sans esquisser une ombre de timidité, la fillette au sourire irrésistible vient nous faire la conversation. La barrière de la langue freinant quelque peu son enthousiasme, nous lui présentons Charlotte-la-marmotte, notre mascotte. Combien de ponts entre nous et les enfants du monde Charlotte aura-t-elle bâti au cours de nos voyages ?

Bercés par les bruissements de la cascade voisine, nous grimpons dans notre perchoir qui nous sert de couchette.



















Diantre !! Vous etes quasiment devenus un quotidien. Il faut que je reste attentive pour ne rien louper
Moi tout les matins, pour bien commencer ma journee, je lis noriaproject, ca me donne le sourire et la patate pour toute la journee.
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