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Cambodge d’hier et d’aujourd’hui

30 mars 2009 Aucun commentaire

Du Lundi 24 Novembre 2008 au Jeudi 27 Novembre 2008, Cambodge
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Départ à 10h. Le temps nous boude. Les averses se succèdent daignant nous offrir quelques éclaircies qui nous permettent de constater les curiosités qui emplissent les routes d’Asie.

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Sur cette route qui nous mène à Siem Reap, nous rencontrons un couple de jeunes suisses qui parcourent eux aussi le monde à bord de leur véhicule. Le leur fait grande impression aux côté de notre Rustine. Leur Land Rover aménagé ne laisse rien au hasard : cuisine, tente rétractable sur le toit, coin cuisine… « Tu vois, fait remarquer Monsch à Sylvie, toi qui te plaignait du manque de place… ».

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Siem Reap est une belle ville qui a conservé tout le charme d’antan. Les bâtisses imposantes ont été rénovées en hôtels et en restaurants. Depuis la « découverte » des temples d’Angkor par les français au XIXème siècle, le tourisme n’a cessé de prendre la ville d’assaut. Aujourd’hui encore, Siem reap, due à la proximité de ce site incontournable, constitue une halte inévitable pour la quasi-totalité des visiteurs étrangers.

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Ses nombreux marchés sont autant de lieux où il fait bon trainer. On y trouve toute sorte de mets appréciés des cambodgiens, qui ont la réputation de se délecter de spécialités bien singulières pour les étrangers que nous sommes.

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De bouche à oreille, nous avions eu à Phnom Penh les coordonnées d’Amélie, jeune Volontaire du Progrès à Siem Reap. Elle forme à travers une association locale des enfants des rues aux métiers de l’hôtellerie. Amélie nous propose généreusement un lit dans sa spacieuse cabane en bois.
Dans le jardin d’Amélie, nous nous affairons à remettre en état l’allumage de Rustine qui fait des siennes.

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Ayant eu l’écho qu’une irréductible deux-chevaux cambodgienne trainait sa carcasse dans les rues de la ville, nous nous mettons à sa recherche. Orienté par les habitants, nous tapons à la porte du prétendu possesseur. Le propriétaire des lieux nous l’ouvre en s’écriant « Ah, vous êtes là ? Je vous attendais ! ». Attendus, nous ?
C’est Andrée, une quinquagénaire française qui connait la région comme sa poche. Prévenus par des amis communs de Phnom Penh, elle nous attendait en effet. Pouvions-nous nous douter d’un tel accueil en s’invitant chez une inconnue. La coïncidence ne s’arrête pas là : Andrée œuvre depuis près d’une vingtaine d’année dans l’association Osmose, que nous prévoyions de contacter pour notre prochain sujet de reportage sur le lac voisin, le Tonlé Sap. Nous restons stupéfaits par ce fabuleux hasard.
Nous demeurons plusieurs heures à boire l’enseignement que nous fait Andrée de ce lac unique. Nous reviendrons plus tard sur le lac. Qu’en est-il de la fameuse Deudeuche ? A cette question, Andrée nous répond en haussant les épaules, qu’elle n’a pas de 2CV, mais que son voisin, français lui aussi, en a une. C’est notre homme !
Notre nouvelle amie nous indique le lieu de travail de Raphaël, manageur d’un grand hôtel de la ville, et nous invite à le rencontrer. Il gare son antique voiture devant l’entrée de l’établissement. Soit, n’ayant rien d’autre à faire, nous nous y rendons, saluant la gentillesse d’Andrée.
Nous ne pouvions manquer l’hôtel de Raphaël. C’est l’un des plus prestigieux de Siem Reap. Devant le Victoria Hotel and Spa, une petite deux-chevaux verte est en effet garée. Mais bien entourée, elle partage la devanture avec trois vielles tractions brillantes de mille feux.

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Optant pour la surprise, nous faisons appeler Raphaël, le manager. Sa secrétaire, comprenant la raison de cette « convocation » inopinée, insiste pour qu’il nous rejoigne. Surpris de voir Rustine et d’apprendre son histoire, Raphaël veut en savoir plus, et nous invite à boire un café dans le « salon colonial » de l’hôtel.

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A notre tour d’être bouche bée…Cet hôtel au style ancien est tout simplement superbe ! Le jardin qui borde la piscine n’est pas un jardin, c’est une jungle. La décoration et le mobilier sont minutieusement choisi pour être en accord avec le thème de chaque salle : restaurant « L’escale », bistrot le « Siem Reap », restaurant gastronomique « Le Jardin d’Apsara », suite « Ta Prom »…

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Pour finir, Raphaël tient à participer à ce voyage en nous offrant le plus incroyable des cadeaux : une suite dans son établissement !
Aucun superlatif n’est assez fidèle pour décrire les jours qui suivirent cette rencontre. Ce séjour au Victoria fut aussi éclatant qu’ont pu être lugubres les trous à rats dont nous étions habitués durant ce voyage.

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« Notre » suite, dont la superficie avoisine les 50m² ( !), comprend une salle de bain (douche ET baignoire), une buanderie, un salon, un bureau, et une chambre. Un véritable appartement de luxe. Sans compter l’immense balcon donnant sur le jardin, d’où on peut apercevoir la piscine et ses cascades…

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Sur le livre d’or de l’hôtel, nous reconnaissons quelques noms de célébrités qui ont eu, comme nous, la chance de goûter aux plaisirs de ce lieu.
Notre séjour à Siem Reap coïncide avec le Festival International de Photographie d’Angkor. Chaque soir se déroule gratuitement et en plein air des projections, des expositions. En compagnie de Loïc et Yann, deux jeunes français de notre âge, nous redécouvrons les bienfaits des sorties culturelles et artistiques.

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Du Jeudi 20 Novembre 2008 au Dimanche 23 Novembre 2008, Cambodge

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Phnom Penh, la Perle d’Orient. Nous y sommes de retour. Nous y passons quelques jours en compagnie de Frédéric, de Moni, et d’Eric, un de leur ami.
Le séjour est on ne peut plus agréable. Juchés sur nos vélos, nous parcourons la capitale, de marchés en Musées, de temples en ambassades. Phnom Penh, quoi que très animée, n’en est pas moins agréable. Elle nous apparaît comme une ville à la fois riche et sans prétention. Un petit havre de paix où il fait bon poser ses bagages.
Nous passons beaucoup de temps au marché Psar Tuol Tom Pong où nous avons presque nos habitudes.

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Moni nous enseigne ses connaissances culinaires, Frédéric raconte ses expériences ethnographiques, et Eric ses voyages.

Il existe à Phnom Penh un grand nombre d’expatriés, et notamment de Français. Nous sommes agréablement surpris de voir à quel point cette population européenne est intégrée à la vie Khmère. La plupart de ces ressortissants parlent en effet la langue ; les évènements culturels des centres européens sont organisés de manière à toucher le plus grand nombre de Cambodgiens, et sont, le plus souvent gratuit ; les amitiés sont mixtes. Si nous sommes étonnés de cette mixité qui devrait paraître pourtant naturelle, c’est que rares sont les pays qui en jouissent. Le plus souvent, au-delà des relatons professionnelles et quelques amis isolés, les expatriés ont une fâcheuse tendance à se retrouver entre eux. Nos expériences de vie à l’étranger, aussi infimes qu’elles puissent être, ont été suffisantes pour nous révéler que dans la plupart des cas, ce cloisonnement n’est pas justifié. Certes, chacun de nous à besoin de repères, d’être parfois soutenu ou rassuré par un tiers qui présente la même histoire, les même bases sociales et culturelles. Mais, à l’exception de certaines expatriations particulièrement difficiles, est-il justifié de minimiser les contacts avec la population locale ? C’est pourtant ce que font grand nombre d’étrangers qui se plaignent « d’un fossé trop grand » et par ce fait, de ne pas pouvoir s’y faire d’amis. Mais l’amitié est rarement impossible. On la sous-estime. Elle peut prendre une multitude de visage, mais ne vaut pas moins le coup d’être vécue.

C’est grâce à Frédéric que nous rencontrons Ben et Isabelle deux spécialistes du développement installés depuis longtemps à Phnom Penh. A leurs cotés, Sophie et Bernard, tout aussi adorables, Nîmois de passage et proches des susnommés. Une fois de plus, on nous invite, nous accueille comme des rois, nous fait visiter les environs. Nous ne pouvons refuser l’invitation à diner… d’autant que paraît-il, il faut prendre nos maillots de bain ! On ne l’a pas regretté, une soirée au paradis n’aurait pas valu davantage le coup.

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Si Phnom Penh est une ville agréable et les cambodgiens souriants, il serait criminel de fermer les yeux sur le passé du pays. N’oublions pas que tous les plus de trente ans ont ici été témoins ou victimes de la folie meurtrière du régime de Pol Pot. Durant les trois ans, huit mois et 20 jours du régime Khmers Rouges, près de deux millions de personnes périrent. Des centaines de milliers d’innocents ont été sommairement exécutés, et autant ont succombé de famine et de maladies, notamment dans les camps de travail.
Trente ans, ce n’est pas vieux. Les cambodgiens portent aujourd’hui encore les stigmates de ce génocide. En plein cœur de Phnom Penh, il est un lieu dont on ne peut ignorer l’existence. On s’y rend en hommage à cette tragédie, on s’y rend pour comprendre, on s’y rend pour ne pas oublier. En plein cœur de Phnom Penh se trouve le musée de Tuol Sleng. Tuol Sleng n’est pas vraiment un musée, c’est un sanctuaire à la mémoire des victimes du régime Pol Pot. C’est le symbole de leur impitoyable cruauté.
A l’arrivée des Khmers Rouges en 1975, les dirigeants réquisitionnèrent un lycée de la capitale pour y établir une prison dont le nom restera gravé dans l’Histoire : S-21. Pendant plusieurs années de génocide, les habitants du quartier ont chaque jour pu être témoins des crimes qui s’y déroulaient. Véritable usine de torture, la prison S-21 fut le théâtre d’un barbarisme sans précédant (ou presque). 17 000 prisonniers finirent dans les fosses communes environnantes (aujourd’hui situées sous les maisons actuelles, paraîtrait-il).

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Si l’expérience est moralement difficile, la visite de Tuol Sleng démontre mieux que n’importe quel livre d’histoire la triste vérité de cette tragédie. Par l’odieuse normalité des lieux (une simple école dont presque rien n’a changé, n’a été déplacé), la visite prouve l’inhumanité dont nous pouvons être capables.

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