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Les trésors de Siem Reap

1 avril 2009 Aucun commentaire

Lundi 1er Décembre 2008 et Mardi 2 Décembre 2008, Cambodge

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Nous remercions Raphaël, Amélie, Yann, Loïc et les autres. Il est temps de rejoindre Phnom Penh, et de continuer notre route vers le Vietnam.

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Nous reprenons la route du Sud-est, le long du lac. Au bord de la route, les villageois nous dévisagent et nous saluent. Lors d’une halte, nous achetons à une vieille dame un petit sac de pétale de riz, pilé sous nos yeux. Cette dernière, séduite par Rustine, abandonne sa besogne et ose un petit tour de l’étrange voiture. Les rires de la grand-mère s’étendent au sein de toute la famille. On nous invite pour la nuit. Malheureusement, nous ne pouvons accepter : nos visas expirent dans quelques jours et nous devons rejoindre Phnom Penh et la frontière vietnamienne au plus vite. Nous les saluons, déçus mais reconnaissants de nous avoir ouvert leur porte et leurs cœurs.

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A Phnom Penh, la petite compagnie nous attend. Frédéric, Moni et Eric nous accueillent une dernière nuit avant notre départ. Les au-revoirs sont difficiles. Nous nous sentions un peu chez nous, ici. Frédéric y est pour beaucoup. Nous ne pouvons les remercier que par la sincérité de quelques mots, la promesse d’une prochaine rencontre…bien maigres reconnaissance.

Du Vendredi 28 Novembre 2008 au Dimanche 30 Novembre 2008, Cambodge

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Nous avons rendez-vous ce matin avec notre traducteur sur la digue qui s’avance sur le plus grand lac d’Asie du Sud Est : le Tonlé Sap. Nous avons choisi d’y consacrer notre prochain reportage. Sa surface exceptionnelle n’est pas la seule curiosité de cette étendue lacustre : intimement lié aux fluctuations saisonnières du Mékong, le Tonlé Sap est sujet à un important phénomène de marée, unique au monde.

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Nous longeons la digue qui nous mène à notre embarcation. De nombreuses maisons flottantes la bordent dans un chaos étonnant. Nous comprendrons plus tard que ses habitations sont temporaires. Etant établies précédemment à plusieurs kilomètres de là, le long de cette même digue, elles ont été rabattues à la force de la pagaie par leurs propriétaires pour suivre la montée des eaux. Les écoles, les boutiques, le marché…tout a suivi.

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Le marché de ce « bout du monde » est étonnamment vivant. Les richesses de la pêche matinale inondent les étals, de gros blocs de glaces sont broyés pour conserver le poisson. Les gargotes ne désemplissent pas de pêcheurs affamés.

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Les habitants s’étonnent de voir un véhicule se rendre dans un tel cul de sac. Mais notre seul intérêt est d’aller à leur rencontre. Une excuse qui fait l’unanimité. On nous interpelle pour boire le café ou manger un beignet. Nous garons la voiture à flanc de digue. Les enfants s’empressent de nous rejoindre et improvisent un véritable concours de grimaces.

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Relié au Grand Fleuve par un canal de 100 kilomètres de long du même nom, la surface du lac Tonlé Sap est cinq fois multipliée, lors de la saison des pluies. Elle passe en quelques semaines de 2500 km² à près de 13 000 km², et sa profondeur maximale varie de 2,2m à quelques 10m au point de plus grande amplitude. D’importantes forêts sont alors immergées, créant ainsi des niches écologiques d’une exceptionnelle diversité. Les arbres se sont adaptés à cette immersion saisonnière, formant un habitat spécifique aux oiseaux endémiques ou migrateurs.
Cette large étendue d’eau douce fournit à plus de la moitié de la population cambodgienne ses ressources piscicoles et assure la majorité des besoins d’irrigation du pays.

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Au début de saison sèche, vers le mois d’octobre, le phénomène inverse est enclenché. Les eaux du lac provenant des crues du Mékong, sont rendues au fleuve par ce même canal. Ce mécanisme de marée fait de ce lac une des ressources poissonnières d’eau douce la plus riche au monde, faisant vivre près d’un million de personnes. Ce phénomène a poussé les habitants des lieux à s’adapter d’une manière étonnante. Les pêcheurs, depuis des siècles suivent les caprices de leur environnement, vivant tantôt à terre, tantôt sur les eaux.

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De sérieuses menaces planent cependant sur cet équilibre : déforestation des territoires en amont, tourisme grandissant, enjeux d’investissements étrangers (les coréens ont récemment acheté, pour y établir un port de plaisance, la seule digue le long de laquelle ces pêcheurs se rabattent lors de la saison sèche), pression démographique, barrages…

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Les étranges migrations annuelles de ces familles ont capté notre curiosité. Nous irons à la rencontre de ces populations du lac, découvrir leur mode de vie, écouter leur histoire, comprendre leurs craintes et leurs espoirs.

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Quelques familles ont gardé par tradition l’élevage d’autres espèces comme le crocodile, dont le commerce des peaux semble encore lucratif aujourd’hui.

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« Angkor». Le nom de ce site historique résonne dans nos têtes depuis des mois. Ces fameux temples tout droits sortis de temps immémoriaux, que l’on s’efforce d’imaginer en parcourant nos livres d’histoire, sont désormais à portée de mains.
Edifiés à quelques kilomètres au nord de Siem Reap, cet immense complexe historique, véritable joyau de l’empire Khmer, jaillit comme par enchantement au cœur de la forêt tropicale qui a, pendant des siècles été garant de sa protection. Des centaines de temples et de sanctuaires, dont la pièce principale, Angkor Wat, est considérée comme le plus grand édifice religieux du monde, sont le symbole même de la beauté symbiotique entre le chef d’œuvre architectural et puissance de la Nature. C’est cette fusion éclatante de splendeur qui séduit le visiteur. Un vestige du temps, à la fois matériel et impalpable, mêlant le mysticisme des croyances et l’indéniable suprématie de la Nature. Angkor est sans conteste l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse faire à nos yeux.

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Sur près de 6 siècles, entre le IXème et le XVème siècle, la période angkorienne dont la cour impériale était originellement centralisée ici régna sur le Cambodge. Même si de nombreux édifices ont été marqués par l’importance de l’Hindouisme, l’influence du Bouddhisme apparaitra dès le XIème siècle et s’étendra à la fin du XIIème siècle.

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Suite au déclin de l’empire, vers le XIII ème siècle, la cour impériale quitta Angkor pour s’établir à Phnom Penh. Le site tomba doucement dans l’oubli. Ce fut vers la moitié du XIXème siècle que cette merveille fut redécouverte par les explorateurs français (notamment Henri Mouhot qui illustra pour la première fois les temples à travers de somptueuses gravures). Ce site d’exception fit l’objet d’une obsession internationale qui attira rapidement des visiteurs du monde entier.
Le visage d’Angkor, qu’ont découvert ces premiers touristes, ne devait pas être bien différent que celui que nous distinguons aujourd’hui. Comme le démontrent les photos d’époque, le modèle de notre véhicule est sans doute la plus notable des distinctions entre leur « exploration » et la nôtre…et encore que…

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Au cœur du site, dont il faudrait des semaines pour parcourir la totalité, se trouve Angkor Wat. Ce temple (ou sépulture, selon les interprétations), le plus vaste édifice religieux au monde, est mondialement connu pour ses bas-reliefs, pour son architecture qui évoque le Mont Méru, foyer des Dieux et pour les amples bassins qui l’entourent. Edifié au XII ème siècle pour rendre hommage à la divinité hindoue Vishnu.

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Angkor Wat et l’enceinte fortifiée qui l’entoure (Angkor Thom) présentaient un système complexe de systèmes d’adduction d’eau et d’irrigation, de réservoirs et de canaux qui ont permis pendant longtemps l’autonomie agricole de la cité.
Nous empruntons au hasard les chemins enchevêtrés sous l’épaisse forêt. A l’écart de l’itinéraire que choisissent les bus touristiques, les pistes de terre que nous empruntons sont presque désertes. Nous croisons parfois quelques villageois sur leurs bicyclettes ou des enfants pêchant dans les réservoirs couverts de lotus.

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Au détour d’un bosquet, soudainement, une petite clairière vous laisse découvrir un imposant édifice de vieilles pierres rongées par les lichens, présentant d’admirables bas-reliefs dissimulés sous les fougères et sertis par les larges racines des ficus.

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Un nombre incalculable de temples de toutes les tailles et de tous les styles sont cachés dans cette jungle et pour peu qu’on mette de côté les cartes du site, on les découvre au gré de la promenade. L’exaltation en est encore plus grande.
Ne pouvant mentionner l’intégralité de ces merveilles, il en est deux qui nous ont particulièrement troublés par leur beauté et par l’environnement naturel qui les façonne. Parmi les temples les plus enchanteurs -qui sont souvent par la force des choses, les plus renommés- se trouvent le Bayon, et le Ta Prohm.
Le premier est un imposant complexe édifié sous la forme de 54 tours de style gothique qui présentent chacune 4 imposants visages faisant face aux points cardinaux. Les indénombrables bas reliefs, qui s’étendent autour du temple en cercles concentriques sur plus d’un kilomètre, sont de véritables chefs d’œuvres illustrant la vie quotidienne du XII ème siècle.

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Un peu plus loin, le Ta Prohm, est sans contexte le site le plus mélancolique d’Angkor. Ce site phagocyté par la jungle témoigne avec fidélité du visage des lieux tel que les explorateurs du XIX ème siècle les ont découverts. Des heures d’errance parmi les ruines ensevelies sous la végétation sont nécessaires pour apprécier l’atmosphère mystique qui se dégage de ces vestiges.

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