Accueil »

Rendez-vous avec le Bout du Monde

3 avril 2009 Aucun commentaire

Du Dimanche 7 Décembre 2008 au Mercredi 10 Décembre 2008, Vietnam

drapeau-vietnam
Au petit matin, nous quittons la station de surfeurs pour continuer notre périple vers le nord. La route qui longe la côte de la mer de Chine offre des paysages splendides. Nous prenons le temps de contempler l’océan et ses îles qui naissent des eaux.

img_2881rz

img_0634rz
Certains paysages calcaires et rocailleux rappellent nos Corbières. D’autres plus herbacés font référence au plateau du Larzac. Un brin de nostalgie nous envahit.
Nous faisons halte dans la ville de Phan Rang où nous trouvons une petite chambre pour la nuit chez une famille charmante qui accepte de garder Rustine durant notre escapade que nous prévoyons de faire dans la ville de Dalat.

img_2875rz
Le lendemain, aux aurores, nous sautons dans le bus pour Dalat. La ville se situe en altitude et fut édifiée par les français à la fin du XIXème siècle sous la suggestion d’Alexandre Yersin (un médecin apprécié des vietnamiens pour avoir été très bien intégré, parler parfaitement la langue et avoir fait profiter le pays de son savoir). Les Français ont vu à travers la fraîcheur du climat de la région une excellente opportunité d’y construire une station d’altitude. En effet, en atteignant le plateau, tout rappelle la douceur des Alpes estivales. Des fleurs multicolores égaient les prairies qui deviennent très vite les épaisses pinèdes que l’on trouve chez nous. Il fait frais, presque froid. Depuis combien de temps n’avons-nous pas eu froid ? Nous sommes heureux de ressortir nos pullovers. Nous avons même, pour l’occasion, troqué nos tongs pour nos chaussures abandonnées depuis 10 mois dans le coffre de Rustine. Au centre de la ville, entre les bosquets fleuris et les conifères, un grand lac s’étend, autour duquel nous prenons plaisir à nous promener en savourant le vent frais qui nous fait frissonner.

img_2914rz

img_2930rz
Une tour Eiffel miniature trône même près du lac Xuan Huong autour duquel fut érigée la ville. Finalement dans cette petite France, seuls les Français (à l’exception de quelques touristes de notre genre) ne répondent plus à l’appel. Même un petit vin du terroir fait parler de lui.

img_2909rz

img_0645rz

img_2905rz
Cette référence au monde occidental est accrue par l’approche de Noël (dont la tradition a été adoptée par de nombreux vietnamiens, dont 10% sont de confession chrétienne). Les signes ne trompent pas. Sous ce climat tropical, les sapins décorés font leur apparition, les vendeurs de guirlandes déambulent dans les rues, les déguisements de Père Noël sont suspendus aux étalages et certains restaurants proposent un menu spécial pour le réveillon !
En redescendant sur la côte, le paysage change peu à peu. Les bocages sont consacrés à la culture vivrière. De petites parcelles couvrent les collines. Carottes, laitues, patates douces, concombres…tous les légumes que nous avions oubliés depuis des mois poussent ici sous ce micro climat. A travers la fenêtre du bus, un éléphant remonte doucement le chemin.
Dans les lieux publics, notamment dans ces bus locaux, la cigarette n’indigne personne. Nous sommes les seuls surpris par cette indulgence. Et dire que nous ne connaissons pas encore les dernières restrictions anti-tabac qui ont récemment inondées la France et l’Europe !
Vers 14h, nous retrouvons Rustine à Phan Rang et reprenons la route du Nord. Tout au long du trajet, une multitude de chapeaux coniques ne cesse de nous entourer.

img_3787rszed
100 kilomètres et deux heures de route plus tard, nous arrivons à la ville balnéaire de Nha Trang ou nous passerons la nuit.
Au petit matin, un « café Da » avalé (concentré de café vietnamien percolé dans une timbale percée en étain), nous rejoignons tranquillement la prochaine ville côtière : Quy Nhon. La route longeant la mer est toujours aussi agréable. Les vents marins rafraîchissent la côte et, en cette saison, le temps reste au beau fixe.

img_2957rz
Quy Nhon était, il y a quelques années encore, une ville concentrée sur la pêche. Les bicoques des pêcheurs s’accumulaient sur la petite plage du centre, près du port (un des plus importants ports maritimes du pays). Aujourd’hui, la majorité de ces familles ont été chassés pour faire place à une extravagante avenue qui rappelle la Promenade des Anglais. Cependant, la ville attire encore très peu de touristes et, autrefois riche par son authenticité, elle présente aujourd’hui un visage un peu triste.
Quy Nhon, en espérant un destin touristique plus florissant, a toutefois conservé son identité en gardant la pêche comme activité centrale. Des filets chinois sont disséminés dans la baie cerclée de montagnes. Ces « carrelets » sont remontés par un astucieux mécanisme amorcé par un pédalier que les pécheurs actionnent du haut de petites cabanes perchées sur pilotis au dessus des flots.

img_2983rz

img_2991rz
Pour se rendre à leurs « postes de commande », les pêcheurs s’accroupissent dans de petites embarcations en demi-sphère qu’ils dirigent à la force de la pagaie. Chaque coup de rame fait comiquement pivoter l’étrange soucoupe, que le suivant réajustera. Ces « coques de noix » très traditionnelles, construites en osier, peuvent être aperçues dans tout le pays.

img_2980rz

img_2975rz
Au Vietnam, l’heure la plus remarquable de la journée est celle de la sortie des cours universitaires. En fin d’après midi, les universités du pays libèrent les étudiantes qui, juchées sur leurs vélos, inondent les rues par centaines. L’uniforme de ces jeunes femmes, une longue tunique saillante taillées sur mesure dans des étoffes de soies blanche immaculées, leur donne des allures d’anges. Dans l’air chaud du soir, ces silhouettes légères envoûtent les villes comme des lucioles fantomatiques, puis disparaissent avec la même magie qu’elles sont apparues.

Samedi 6 Décembre 2008, Vietnam

drapeau-vietnam
Nos amis prévoient de passer le week-end sur la plage de Mui Ne. C’est sur notre route. Nous nous y donnons rendez-vous.
Juste avant cette station balnéaire reconnue, nous atteignons la côte. Ces retrouvailles avec l’océan, cette rencontre entre Rustine et la Mer de Chine est hautement symbolique pour nous : excepté quelques centaines de kilomètres birmans, nous avons traversé la totalité des terres entre l’Europe occidentale et l’extrémité de l’Orient. Nous avons roulé, mètre après mètre, d’un bout du monde à l’autre ! L’émotion est grande, face à cette mer de Chine… « Mer de Chine », son nom résonne dans nos têtes comme un petit trophée.

img_2862
A notre arrivée à Mui Ne, nos amis sont en pleine session de « Kite Surf ». Canalisant tous les vents, la ville côtière est renommée pour être un haut lieu de ce sport de glisse. De nombreux étrangers viennent de loin pour vivre les sensations fortes que promet la houle. Au dessus de l’étendue bleue, d’innombrables voiles multicolores se détachent des nuages ternes.

img_2834rz
Harcelés par les puces des sable, la nuit à la belle étoile fut agitée.

Jeudi 4 Décembre 2008 et Vendredi 5 Décembre 2008, Vietnam

drapeau-vietnam
Tout aussi insolent que ses sous-fifres le haut fonctionnaire scrute les moindres détails de notre dossier. Il a ordre de ne laisser rentrer aucun véhicule. Nous ne sûmes pas lequel de ces documents fit pencher la balance, mais, dans un dernier doute, il consentit à poser son tampon. Des papiers vietnamiens nous sont attribués et une large pancarte présentant notre numéro de plaque aux standards du pays est accrochée à notre pare-brise…déjà qu’il n’était pas bien grand, la visibilité est réduite de moitié. Le fonctionnaire haut gradé nous précise en fronçant les sourcils, sans doute soucieux-à juste titre- d’avoir fait une bêtise, que nous devons avoir quitté le territoire dans un mois.

img_9959rz
Nous quittons les lieux, en les couvrant de courbettes flatteuses tout en gardant l’air digne de ceux qui sont dans leurs droits. Une fois hors de leur vue, nous sautons de joie à l’idée – certes grâce à une petite tromperie – de découvrir le Vietnam au volant de notre inséparable véhicule.

img_0641rz

img_0698rz

img_9963rz
Ho Chi Minh Ville (Saïgon) est notre prochaine étape. Excepté la visite de certains des ses excellents musées et quelques monuments, nous ne prévoyons pas de nous y attarder. Mais ayant récemment eu écho de la présence d’un ancien camarade, d’étude, Raf, nous décidons de le débusquer et de lui faire la surprise de notre passage. La tâche n’est pas simple dans une ville telle qu’HCMV. Ses 6,3 millions d’habitants fait de la ville la première métropole du pays. Sa surface n’est pas moins impressionnante. Et pour le retrouver, nous n’avons en tout et pour tout, qu’une vague adresse griffonnée sur un bloc note. Nous ne savons même pas s’il vit encore ici.
Au cœur de la ville, nous nous trouvons enfin devant le portail correspondant à l’adresse. Nous frappons sans trop savoir sur qui nous allons tomber. En guise de notre ami, c’est son colocataire qui nous accueille. Mais… lui aussi est un ancien camarade, puis, un deuxième descend l’escalier ! Quelle surprise ! Nous avons atterri dans une collocation d’anciens élèves ! Et ils sont cinq à vivre ici. Nous qui pensions faire une surprise, cette dernière est partagée. Il  ne nous reste plus qu’à fêter ça !

img_2756rz

img_2783rz
Il nous faudra une journée pour s’en remettre. Raf, Eric, Antoine, Nadège et Adrien nous offrent généreusement l’hospitalité.

Mercredi 3 Décembre 2008, Cambodge, Vietnam

drapeau-cambodge1 drapeau-vietnam
Une fois de plus, mais au volant de Rustine cette fois, nous mettons le cap sur la frontière vietnamienne. Nous longeons le Mékong que nous enjambons au niveau de Neak Luong, où nous attend le ferry.

img_2738rz
Au départ de la vieille embarcation croulante sous les camions, une folie singulière s’empare des commerçants ambulants. Femmes et enfants, des paniers plats sur la tête, proposent aux voyageurs toute sorte d’amuse-gueule. Les insectes frits sont très prisés, surtout ces énormes blattes noires et les gros criquets dorés vendus au poids.

img_2744rz
En approchant de la frontière, les chasseurs de chiens se font de plus en plus nombreux. En effet, les deux pays limitrophes sont friands de la viande canine et un marché transfrontalier s’est établi de part et d’autre. Dans les villages, ces « chasseurs » arpentent les rues sur leurs mobylettes à l’arrière desquelles une cage est fixée. Une grosse pince dépasse effroyablement de leurs prisons de métal.

img_2753rz
Le Vietnam est renommé pour sa rigidité politique, et notamment quand il s’agit des affaires étrangères. L’importation, même temporaire, de véhicules étrangers est rigoureusement interdite. Nous ne sommes pas les premiers à tenter le coup, mais rares sont ceux qui y sont parvenus. Au poste frontière de Bavet (Moc Bai du côté vietnamien), il ne nous sera pas difficile de quitter le territoire cambodgien, mais nous nous attendons à nous faire refouler avec perte et fracas du côté vietnamien. Si tel est le cas, nous nous retrouverons bloqués dans le « no man’s land », en zone franche. De là, obtenir un nouveau visa pour entrer à nouveau au Cambodge est impossible…Nous prenons toutefois le risque.
Comme prévu, les cambodgiens nous tamponnent nos papiers de sortie en nous souhaitant bon voyage. Mais nos craintes de l’autre côté sont fondées : les douaniers vietnamiens, d’un air dédaigneux et arrogant nous invitent à rebrousser chemin. Nous insistons en leur présentant plusieurs documents des ambassades françaises et des autorités étrangères que nous avions pris soin de demander auparavant. Ces documents n’ont aucune valeur officielle, mais, nous espérons qu’en arborant un air plein d’assurance et de fermeté, les officiers pourraient dans le doute nous laisser passer. Nous parvenons à passer le premier cap : demain, à son retour de Saïgon, le responsable des douanes tranchera. Il nous reste plus qu’à prendre une chambre dans le petit hôtel miteux voisin et attendre notre heure.

Laissez votre message !

Rédigez votre message ci-dessous ou créez un rétrolien depuis votre propre site web. Vous pouvez aussi suivre les réponses via le flux RSS.