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Escapades au Golfe du Tonkin

5 avril 2009 Aucun commentaire

Jeudi 18 Décembre 2008 et Vendredi 19 Décembre 2008, Vietnam

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L’ancienne capitale impériale de Hué nous attend à 140 kilomètre au Nord d’Hoi An. Longeant toujours la Mer de Chine, nous franchissons le Col des Nuages. En redescendant sur la côte, nous quittons la route principale pour profiter du charme bucolique des campagnes rizicoles. Les enfants curieux viennent s’accrocher à l’arrière de Rustine.

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Des milliers de vastes tombes, décorées dans le style confucéen bordent les chemins et s’étendent loin dans les terres.
En partant, Claude nous avait conseillé de rendre visite à Christian, un français habitant à Hué depuis la « réouverture » du pays. Christian y tient un petit restaurant français dont le nom, « La Carambole » est réputé à des lieues à la ronde. Nous lui rendons visite.

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Christian, à l’image des nombreux concitoyens rencontrés ces dernières semaines, est très sympathique. Depuis plus d’une dizaine d’année, il a fait un trait sur la France pour venir s’installer ici. « A l’époque, nous raconte-t-il, il y avait à peine l’électricité dans le quartier, et encore, elle fonctionnait que quelques heures par jour. » Le pays a bien vite changé. Hué, par son histoire et les vestiges de sa citadelle impériale a rapidement attiré les touristes du monde entier.

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Construite sur les rives de la mystique « Rivière des Parfums », Hué fut au centre de la Dynastie des Nguyen qui depuis le milieu du XVIIIème siècle, contrôlaient le sud du pays.
Au cœur des forêts qui entourent la ville, des dizaines d’impressionnants tombeaux royaux témoignent de la place de Hué dans l’histoire du pays. Encore aujourd’hui, les vietnamiens viennent manifester leur soutien aux anciens monarques en les gratifiant d’un bâton d’encens coloré ou d’une bougie parfumée.

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Demain, l’aventure Vietnamienne s’achèvera et nous prendrons la route pour les derniers kilomètres qui nous mèneront au but final de notre voyage : le Laos

Mardi 16 Décembre 2008 et Mercredi 17 Décembre 2008, Vietnam

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A notre retour à Hoi An, après une longue nuit dans le bus, nous retrouvons Claude. Remarquant une légère convergence dans la direction de Rustine, nous préparons à une petite session de mécanique. Nous avons un cardan de rechange que nous souhaitons fixer à la place de la pièce défectueuse. Claude nous suggère de prendre du bon temps et de laisser les mécaniciens de l’hôtel, véritables spécialistes des véhicules de collection, s’occuper de ce désagrément. Pas moins de trois techniciens s’affairent autour de notre voiture. Une véritable « écurie » digne des grands prix de Formule Un.

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En attendant, nous sommes les bienvenus pour profiter de notre chambre jusqu’à ce que notre réparation soit terminée et que nous puissions repartir. Son hospitalité est sans limite. Nous nous entendons à merveille avec le maître des lieux. A ses côtés, nous apprenons beaucoup du pays et de sa connaissance des mœurs locales. Ensembles, nous faisons des virées au volant de Rustine dans la ville historique. Claude nous fait part des souvenirs de jeunesse qui ressurgissent en conduisant la 2CV.

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Mais même notre agréable (et luxueuse) étape à Hoi An a une fin, et nous saluons Claude pour sa gentillesse et son hospitalité. Notre voyage doit continuer. Et c’est vers Hué que nous reprendrons la route dès demain, aux premiers rayons du soleil.

Du Samedi 13 Décembre 2008 au Lundi 15 Décembre 2008, Vietnam

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Il est 7h du matin et nous entrons dans Hanoï. Le climat s’est adouci.
Hanoï a une histoire unique, et par cela, la ville a sû garder un visage aux multiples facettes. Une ville où l’Orient ancien cohabite avec l’Asie moderne, où l’architecture traditionnelle vietnamienne a laissé une place aux anciennes bâtisses françaises, où, si la modernité à son mot à dire, les temples confucéens millénaires ne sont pas ignorés. Hanoï est une ville de paradoxes.

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Comme ce fut le cas à Battanbang, à Siem Reap, à Dalat et à Hoi An, la France a laissé à Hanoï quelques traces. Hanoï fut jusqu’en 1954 la capitale du Tonkin (ancien protectorat français correspondant au Nord de l’actuel Vietnam, différenciée de l’Annam au centre, et de la Cochinchine au Sud, qui, ajoutés au Cambodge et au Laos formaient l’Indochine Française). Pas étonnant que les papis portent des bérets et jouent à la pétanque (« pétang »), que les bâtiments administratifs annoncent « Université de Médecine » ou « Institut du Radium de l’Indochine », que les baguettes de pain inondent les rues et que les ponts portent la signature d’un certain Eiffel !

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Enfin, quoiqu’on en dise, Hanoï est avant tout très vietnamienne. Les rues du vieux quartier, cœur historique de la ville, n’a rien perdu du passé. Les artères sont étroites, les maisons créent de véritables couloir colorés et adorablement décrépits. Les ruelles, vieilles d’un millénaire, sont encore annoncées « Rue du coton », « Rue des jarres », « Rue du cuivre », « Rue de l’encens » ou encore  « Rue de la soie ». Mais plus étonnant encore, on peut arpenter  la « Rue des instruments à cordes », la « Rue des pipes », la « Rue des oignons », celle des « patates douces », des chapeaux ou des cercueils. Ce cloisonnement géographique des activités permet d’imaginer la vie du vieil Hanoï il y a moins d’un siècle.

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Aujourd’hui, ces spécialisations commerciales ne sont plus, mais le caractère du quartier a perduré. En cette saison par exemple, la « Rue des argentiers » expose mille décorations pour les fêtes de Noël qui approchent. Voir des marchants ambulants, chapeaux coniques sur leur tête et balanciers à l’épaule, passant devant des Pères Noël gonflables et des guirlandes scintillantes, est assez cocasse.

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Pour ne citer qu’un des nombreux centres d’intérêt de la capitale, le Temple de la Littérature est certainement un classique à ne manquer sous aucun prétexte. Edifié par un grand empereur, à la fin du XIème siècle, cet important temple qui trône au beau milieu d’Hanoî fut dédié à Confucius.

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Ce monument est un très bon exemple d’architecture traditionnelle vietnamienne. Le Temple de la Littérature doit son nom au rôle qu’il joua dans l’éducation. Il fut le lieu d’instruction des étudiants mandarins pendant des siècles.

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Avant de quitter la ville, nous profitons de nos dernières heures à errer dans les ruelles où mille échoppes attirent les regards. Restaurants de chiens, vendeurs de marionnettes en bois, étals aux mille saveurs, bar  à « Bia Hoi (bière-pression locale fraîchement brassée, se vendant 10 cts d’euros le demi. Véritable institution à Hanoï).

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Se partageant les rues entre la journée et la soirée, les commerçants se laissent la place la nuit tombante. Il n’est pas rare de se sentir perdus tant les rues peuvent changer de visage.

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Nous quittons Hanoï, la « ville du Fleuve Rouge »,  par le bus de 18h qui nous déposera à Hoi An demain à la même heure.

Vendredi 12 Décembre 2008, Vietnam

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Nous avions décidé de nous rendre à Hanoi en voiture. Mais nos autorisations nous laissent quelques jours à peine avant de devoir quitter le pays. La distance entre Hoi An et la capitale étant importante, (790 km, soit près de 2 jours de route), nous confions Rustine à Claude, qui la garera aux côtés de ses deux « Jeannettes » Renault des années 50 et ses huit side-cars. Elle ne se sentira pas seule !
Le bus pour Hanoi quitte Hoi An à 14h. Le trajet durera 17 heures, nous atteindrons la capitale demain matin.
Comme en Thaïlande, il est très difficile au Vietnam de trouver des bus bon marché. Les compagnies de transport proposent uniquement des véhicules très modernes, bourrés d’options et donc, assez chers. Nous tombons des nues en voyant le degré de sophistication de notre bus : une véritable navette spatiale offrant comme dortoir de petites capsules-couchettes aux allures futuristes. Frigorifiés par la climatisation poussée au maximum, nous nous endormons hantés par des rêves d’explorations intergalactiques.

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Jeudi 11 Décembre 2008, Vietnam

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En route pour Hoi An. Nous sillonnons toujours l’interminable Route Nationale n°1 vers le nord. Cette artère est le seul corridor routier à lier la capitale Hanoi, au Nord, à la Mégalopole du Sud Ho Chi Minh Ville (Saïgon). Longue de plus de 1700 kilomètres, cette voie « trans-indochinoise » fût une des premières infrastructures routières de l’Asie du Sud Est.

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Nous retrouvons la ville patrimoniale d’Hoi An que nous avions visitée il y a tout juste un mois avec nos amis de passage. Le charme de la vieille ville nous séduit à nouveau. Comment ne pas se laisser envoûter par la beauté singulière de ses ruelles émergeant du passé.

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Raphaël, notre hôte bienfaisant de l’Hôtel Victoria de Siem Reap au Cambodge, nous a récemment fait savoir que son homologue du Vietnam, Claude, serait ravi de nous rencontrer. Claude est lui aussi manager de l’Hôtel Victoria à Hoi An, et est comme son collègue du Cambodge, passionné de vieilles mécaniques. Nous rencontrons Claude devant l’entrée impressionnante de son établissement. Agé d’une cinquantaine d’année, Claude a été à l’origine d’un des premiers établissements touristiques du pays, le Victoria de Sapa, il y a cela une quinzaine d’années.

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A peine arrivés, Claude nous dévoile sa gentillesse : « Souhaitez vous vous reposer un peu, ou préférez-vous une petite expédition des rizières environnantes en side-car, histoire de faire un peu connaissance ? ». Comment refuser une telle proposition ? C’est ainsi que nous nous retrouvons tous les trois juchés sur un vieux side-car Oural, que Claude a su, au bon moment, récupérer de l’armée vietnamienne. L’expérience est fabuleuse. Excitante.

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Claude nous fait visiter les plantations rizicoles, traverse des petits villages dont il connaît depuis des années les habitants qui nous saluent en souriant, nous fait découvrir les jardins vivriers voisins… Il me laisse même le guidon de cet engin étonnant. Une expérience unique.

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Pour finir, au retour de notre petite balade, Claude insiste pour que nous profitions d’une chambre qu’il nous a réservée. Décidément, cette générosité devient presque gênante ! Claude nous explique que ça lui fait plaisir de pouvoir nous offrir une nuit au calme, au bord de la mer. Quand nous voyons la chambre, sous les cocotiers, nous avons bien du mal à trouver les mots pour le remercier.
Autour d’un excellent repas français (nous en rêvions), nous faisons plus amplement connaissance. Claude nous raconte ses aventures de jeunesse et ses voyages réguliers en side-car à travers l’Asie du Sud-est. Puis nous rentrons dans notre chambre royale.

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