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Laos : voyage au pays des émotions

7 avril 2009 Un commentaire

Lundi 22 Décembre 2008, Laos

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Nous rejoignons doucement Vientiane. Bien que près de 500 kilomètres nous séparent de la capitale, la qualité de la route nous laisse espérer l’atteindre dans la soirée. La beauté du paysage est enivrante. L’espace est dégagé, l’air est agréable. Rien ne freine notre enthousiasme, rien n’altère le bonheur de rouler.

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Longeant toujours le grand fleuve, nous croisons très peu de voiture bien que cet axe routier, reliant le nord au sud, soit le plus important du pays. Un cycliste chargé de sacoches apparaît devant nous. Nous connaissons bien ces étranges silhouettes pour en avoir rencontrées tout au long du voyage. Comme à notre habitude, nous saluons l’étranger et lui demandons s’il a besoin de quelque chose. Mieux équipés que ces cyclistes intercontinentaux courageux que nous croisons de temps à autre sur notre route, nous nous devons de proposer notre soutien. Il n’est pas rare que ces valeureux voyageurs aient besoin de quelques litres d’eau supplémentaires. Celui que nous rencontrons aujourd’hui s’appelle Gilles. Agé d’une petite quarantaine d’années, il voyage, par intermittence, juché sur sa selle depuis de longues années. Il connait bien l’Asie pour l’avoir parcourue plusieurs fois. Nous partageons sa vision du voyage, sa nécessité de voyager léger et le plus « dépouillé » possible pour être au plus proche des gens. La complicité qui se crée au fil de la conversation est aussi instantanée que totale. Mais nos aventures respectives nous séparent trop tôt. Peut-être nos chemins se recroiseront-ils…

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Aux abords des villages, les petites huttes en paille proposent boissons et en-cas. De petits rats écartelés grillent sur les braises des barbecues.

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Nous atteignons Vientiane en fin d’après midi. Une nouvelle fois, notre cœur bat la chamade en réalisant que la capitale Laotienne, ville d’origine de la famille de Coralie, est aussi la finalité de notre voyage. Nous nous dirigeons vers le monument qui symbolise cette ville de légende : le Pha That Luang. En découvrant ce temple étincelant, mon émotion est grande. Mais Coralie est plus émue encore : depuis toute petite, l’image de ce mystérieux stupa doré qui trône en France, sertie dans un petit cadre sur le mur du salon de sa grand-mère, la fascinait. Depuis toujours, elle se promettait d’aller un jour le découvrir. Ce jour est arrivé.

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Samedi 20 Décembre 2008 et Dimanche 21 Décembre 2008, Vietnam, Laos

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Tôt ce matin, nous quittons notre petite guest-house. Il est 8h quand nous longeons une dernière fois la citadelle impériale pour récupérer la route du nord. Pendant 50 kilomètres, jusqu’à Dong Ha, la Mer de Chine se profile encore à notre droite. Mais nous l’apercevons à peine tant le temps est brumeux. Une pluie fine et désagréable nous accompagne.
Au niveau de la petite ville de Gong Ha, notre voyage prend un nouveau visage : pour la toute première fois depuis notre départ, nous bifurquons vers l’Ouest pour rejoindre la frontière de Lao Bao. Notre itinéraire s’enroule ainsi comme une coquille d’escargot dont le centre serait notre destination finale : le Laos. 100 kilomètres nous en séparent encore. Notre excitation augmente au fur et à mesure que nous abattons les kilomètres.
Le climat ne partage pas notre enthousiasme. De lourds nuages gris nous chassent lentement vers la frontière…

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Au détour d’une colline, nous apercevons le premier présage de notre arrivée au Laos. Le poste frontière de notre 18ème pays est devant nos yeux. Le Laos se profile juste derrière. Dans quelques minutes, nous aurons franchis l’ultime obstacle de notre périple et nous effleurerons cette terre qui a occupée nos esprits pendant ces longs mois de voyage.
Plus importante encore pour Coralie, l’arrivée au Laos, symbolise la découverte de la terre de sa famille paternelle. Elle a tant entendu parler du pays, vécu sa culture à travers sa famille installée en France… Aujourd’hui, elle va réaliser un rêve qu’elle a attendu pendant de longues années et qu’elle a pu méditer pendant plus de 13 mois. Elle va enfin mettre des images sur une partie d’elle-même qui lui paraissait floue et trop lointaine.
Nous sommes si excités qu’à l’approche de la frontière, nous nous asseyons sous une tente, commandons un café Da et savourons ce moment unique. Nous échangeons nos émotions, nous nous remémorons chaque instant de ce long voyage et essayons de mettre des mots sur la richesse de cette aventure qui nous a tant appris.
Devant nos yeux humides d’émotion, le drapeau Laotien flotte derrière celui du Vietnam. Nous nous en rapprochons.
Si nous nous attendions, à notre arrivée au Vietnam, à rencontrer quelques difficultés douanières, nous n’imaginions pas en avoir pour en sortir. Le Laos semble se mériter. Et à en juger les bâtons que nous mettent les douaniers vietnamiens pour quitter le pays, nous n’avons pas encore gagné ce mérite. L’agent chef, nous refuse catégoriquement de jeter un œil sur nos papiers. Comme si l’antipathie et l’orgueil étaient la condition sine qanun pour entrer dans les ordres de la garde vietnamienne, le douanier dédaigne même, avec un l’air méprisant qui caractérise son contingent, nous parler. Dès qu’on ouvre la bouche pour lui présenter nos documents, il s’enferme comme un enfant capricieux dans sa cabine en verre. Lire un document est sans doute la tâche la plus excentrique -et harassante- qu’on lui ait assignée depuis des années. Notre calme se dérobe doucement avec l’obstination de sa bêtise : tous nos papiers sont en règle et il refuse néanmoins de nous recevoir! Il préfère simplement nous ignorer et espère qu’ainsi nous ferons demi-tour et le libèrerons de ce cauchemar de devoir faire face à des étrangers.
D’interminables minutes plus tard, un jeune douanier un peu plus malin que ses camarades vient s’enquérir des raisons de cette fâcheuse confrontation. Lui, contrairement à son chef hiérarchique xénophobe, parle heureusement quelques mots d’anglais. Il nous fait signe d’un clignement d’œil de le suivre, et tamponne notre carnet. Il suffit parfois de bien peu de choses pour que les obstacles disparaissent. Sans ce jeune homme, nous aurions sans doute dû, dans le meilleur des cas, rallonger notre séjour au Vietnam et devoir en payer le prix : 2000 euros d’amende !
Le désagrément est vite oublié et l’ignorant fonctionnaire pardonné quand nous traversons la douane lao. L’acquittement des formalités y est autrement plus pacifique. Il nous suffira de sortir doucement le préposé aux affaires douanières d’un profond sommeil, et qui, le képi sur les yeux, ouvre un œil bouffi, dévisage Rustine, tamponne notre papier en un haussement d’épaule, et se rendort, croyant à un rêve.
Les autres agents nous accueillent avec des sourires qui en disent beaucoup sur l’hospitalité du pays. Les pouces se lèvent à notre arrivée et les rires s’envolent.
Ça y est, nous y sommes. Il est 13h 20 et après16 pays traversés en un an, un mois, neuf jours vingt deux heures et quarante minutes de voyage, nous atteignons notre destination finale. Nous sommes heureux. Même si ce grand moment nous appartient, un soudain besoin de le partager avec les personnes que nous aimons s’empare de nous.

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Autant que puissent l’être la Thaïlande et le Cambodge, le Vietnam et le Laos sont deux mondes diamétralement opposés. Ici, la vie transpire la quiétude, le temps est sacré. Sans qu’on en comprenne vraiment les raisons, la notion d’ « espace », et celle de « liberté » prennent ici tout sons sens.
De chaque coté de la petite route, les rizières asséchées laissent apercevoir les touffes arides de la dernière récolte. Quelques champs de céréales donnent des allures de savanes d’où dépassent de petites cabanes en bois perchées sur pilotis : les abris des chasseurs d’oiseaux. De petits cochons noirs traversent la route en se dodelinant, un boulodrome où sont abandonnées quelques boules perdantes s’étend sur notre gauche : le premier village s’annonce.

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Les maisons lao, sur pilotis, sont construites en bois et généralement organisées en cercle autour d’une cour centrale. Les femmes sont drapées d’élégants « sin » (pagne de coton entouré autour de la taille) aux motifs de soie. Les hottes de pailles qu’elles portent sur les épaules nous rappellent les « dokos » népalais.

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Le soleil choisit cet instant précis, où nous nous imprégnons le sourire aux lèvres de ce nouveau monde, pour percer les nuages en signe de bienvenue. Nous apprécions chaque seconde, chaque mètre parcouru lentement et essayons de prendre le recul nécessaire pour réaliser la symbolique du moment.
En entrant à Savannakhet, à l’extrême ouest du pays nous retrouvons le Mékong. De l’autre côté, sur la rive opposée, réapparaît la Thaïlande. Nous avons en quelques heures à peine traversé les terres de part en part. A ce niveau là, au cœur de la queue de « l’étoile filante » que représente le Laos, la largeur du pays ne dépasse pas les 260 kilomètres.
Savannakhet nous apparaît comme un grand village. Nous apprendrons par la suite que cette petite bourgade, qui ne se résume qu’à quelques commerces, une église et une paire de rues goudronnées, est en fait la deuxième ville du pays ! Nous n’en connaissons probablement que son vieux centre, ouvert sur le Mékong. Les rues sont quasiment vides et peu sont goudronnées. Très peu de voitures circulent. Sur la place principale, qui fut un temps le quartier français, de vieilles bâtisses décrépites confèrent au « village » une atmosphère languissante.

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Le soir, nous prenons le pouls de cette ville voluptueuse en longeant le Mékong. C’est là que nous retrouvons les spécialités lao que avons coutume de déguster en France dans la famille de Coralie et que nous aimons tant : le « khao niaw » (le fameux riz gluant), le « laap » (viande émincées aux épices), le « som » (saucisse de porc), la salade de papaye, et l’éventail habituel de grillades. Sur la rive, une multitude de petites gargotes proposent du poisson grillé et toute sorte de fruits de mer que l’on savoure à même le sol comme le veut la coutume.
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Un commentaire »

  • suri dit :

    bonjour,
    j’ai regarde avec interet votre voyage au Laos et VNM ainsi que les commentaires.
    Moi meme,j’aurai voulu entrer au Laos avec ma voiture immatriculee en France.Par experience,quels sont les documents ( carnet de passage..)
    que je devrais avoir lors de mon passage a la frontiere lao?
    Je compte envoyer ma voiture ce mois ci.
    merci d’avance
    krob jai

    suri

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