Dernière ligne droite
Du Lundi 30 Mars 2009 au Jeudi 9 Avril 2009, Thaïlande
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Afin de donner un peu de répis à notre hôte dévouée, et faire nos adieux aux plages de sable fin avant notre retour au bercail, nous sautons dans un bus bringuebalant en direction de l’embarcadaire de l’île de Ko Samet.
Bien que qualifiée de Parc National, une petite partie seulement de cette île située à quelques heures de Bangkok ne semble vraiment préservée. Le reste du territoire est un véritable dépotoir.
Mais l’air du grand large, les plages de sable blanc sous les cocotiers et les eaux turquoises ne sont pas loin. Malgré l’écriture qui me prend la plupart de mon temps, je profite de la relecture de Coralie pour troquer la plume pour mon maillot de bain.

Olivier est belge et Tiep est thaï. Ce couple nous ont proposé une chambre dans leur petite maison loin des établissements trop luxueux. Contrairement aux autres logements de l’île, ils nous demanderont une somme dérisoire pour un accueil plus convivial. Exactement ce qu’il nous faut. Passionné de pêche, Olivier connait les bons coins. Il accepte de nous faire découvrir l’envers du décors touristique. A l’autre bout de l’île, qu’aucun bar, qu’aucun hôtel n’a encore dénaturé, de petites criques isolées aux eaux transparentes dévoilent des barrières de corail aux allures de kaléidoscope et des poissons multicolores. Connaissant les meilleures chairs et les espèces protégées, Olivier se procure ainsi tous les jours de quoi nourrir sa famille.

Bangkok apparaît sous de lourds nuages noirs. Les premiers orages de la saison des pluies ne tardent pas à déchirer le ciel. Le temps se fait long. La capitale et son abondance nous ensorcellent de ses richesses superflues. Bien que nous ayons pris l’habitude de tenir tête aux sirènes du consumérisme, un tel environnement peut vite vous faire oublier vos habitudes. Les poches vides, nous ne sortons plus beaucoup de notre chambre exigüe. Heureusement, le travail sur notre carnet de route et la mise à jour du blog nous prend la plupart de la journée. Heure après heure, nous relisons les lignes griffonnées chaque jour depuis un an et demi, les annotons, les complétons. A partir de ces notes, le blog est écrit, les photos sélectionnées. Il n’y a plus qu’à mettre en ligne les articles. En moyenne, l’écriture d’une semaine de voyage nécessite une journée de travail. Deux mois complets pour mettre des mots sur l’intégralité de notre aventure… Pour que nous ne voyageons pas vraiment tout seuls.
Mercredi 17 Mars 2009 au Dimanche 29 Mars 2009, Thaïlande
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La large boîte métallique attend sa proie, la gueule béante. Rustine hésite, toussote, puis, résignée sous les regards insistants de l’assemblée, s’exécute. Ça y est, la voilà terrée dans sa prison de fer. Aujourd’hui est un bien triste jour, pour elle comme pour nous. La séparation est difficile : c’est une véritable scission de l’équipe à laquelle nous assistons là ! Le troisième larron de l’aventure nous quitte ici. Le container sera chargé dès demain sur un gigantesque cargo qui prendra vendredi le grand large vers Singapour, l’Océan Indien, la Mer Méditerranée via le canal de Suez, pour accoster à Marseille dans moins d’un mois. C’est au port de la cité phocéenne que nous retrouverons notre fidèle et valeureuse Deudeuche.
L’aventure est désormais bel et bien terminée. Nous nous sentons comme amputés de notre liberté. Dorénavant, seules nos obligations concernant l’écriture de notre carnet de route donnent du sens à notre séjour. Les ressources financières sont bien maigres et notre fidèle destrier, seul garant de notre mobilité libertaire, n’est plus.
Du Mercredi 11 Mars 2009 au Mardi 16 Mars 2009, Thaïlande
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C’est l’ultime ligne droite. Ce soir, nous serons de retour à Bangkok où prendra fin notre aventure. Le silence a pris le dessus dans la voiture. Les mots sont rares. Cette étrange réalité qu’on ne peut plus nier nous plonge dans de profondes réflexions. Tiraillés entre tristesse du départ et excitation du retour.
A travers le toit ouvert, les cigognes que nous avions croisées ici même quatre mois plus tôt, lors de notre route vers le Cambodge, nous accompagnent à nouveau de leurs lourds battements d’ailes.
Sous quelques cocotiers qui nous offrent leur ombre gracieuse, nous faisons notre halte de midi. Il fait trop chaud pour repartir. Le soleil nous assomme. Puis, pour être honnêtes, nous ne sommes pas vraiment pressés de retrouver la capitale qui incarne pour nous le terme de notre périple. Nous nous laissons emporter par une inéluctable sieste.

En fin d’après-midi, les premiers buildings de la mégalopole montrent leur grandeur funeste. Nous nous faufilons dans le labyrinthe que forment les profondes artères encombrées.
Christine nous attend. Rencontrée à Vientiane, elle vit à Bangkok et coordonne un projet de tourisme durable ratifié par les quatre pays d’Asie du Sud-est. Christine, lors de notre première rencontre nous avait invités à séjourner chez elle lors de notre passage.
C’est dans son bel appartement que nous passerons en sa compagnie les quinze prochains jours. Coralie pourra profiter d’une cuisine équipée pour retrouver le plaisir de mijoter des petits plats et de jouir de la piscine de copropriété. De mon côté, l’accueil de Christine me permettra d’écrire la suite de notre voyage dans des conditions inespérées, et rattraper ainsi le scandaleux retard que nous avons pris.

Pendant notre séjour, nous profiterons des bons plans de notre hôte pour découvrir Bangkok by night : cinéma, bars « underground », spectacles de danse… Nous serons même invités par les voisins à la soirée barbecue qu’ils organisent autour de la piscine.
Mardi 10 Mars 2009, Thaïlande
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Le centre historique de Sukhothai se trouve à 17 km de la ville nouvelle. Erigé dès le XIIème siècle, à l’âge d’Or de la culture Thaï, Sukhothai est considéré comme l’épicentre du premier Royaume Thaï, à peine antérieur à l’ère d’Ayutthaya. A son apogée, l’empire s’étendait à tout le territoire siam.
Au cœur d’une enceinte fortifiée, plus de 21 édifices ont survécu aux caprices du temps et de l’histoire. En dépit d’un style architectural spécifique à sa période, quelques temples de Sukhothai présentent des détails qui témoignent de l’influence du Bouddhisme Cinghalais, de l’art khmer et de la période Srivijaya (empire contrôlant la plupart du sud du pays autour du Xème siècle).
Lundi 9 Mars 2009, Thaïlande
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De plus en plus, nous pensons au retour qui approche. Malgré la joie que suscitent les retrouvailles avec la famille et les amis, nous ne pouvons nous défaire de ce pincement au cœur qui nous suit depuis quelques temps. Le soir, le souvenir de chaque détail du voyage, ce sentiment de liberté totale, ces rencontres, hantent nos esprits. Comment vivrons-nous le retour en France ? Allons-nous vite oublier ? Sommes-nous en droit d’oublier ? Les dernières nouvelles du pays que nous ont confiées certains voyageurs ne font qu’exacerber nos doutes.
A 470 kilomètres vers le sud, nous attend la ville impériale de Sukhothai. Mais en Thaïlande, les routes sont si bonnes que Rustine engloutit les kilomètres dans un élan de seconde jeunesse. Au niveau de Phayao, nous traversons les derniers reliefs pour retrouver les plaines du centre. La chaleur est de plus en plus étouffante. Au bord de la route, de frêles étals présentent de pleins paniers d’ananas, de fraises et de melons. Au passage des voitures, les jeunes vendeuses font du gringue aux clients potentiels en joignant les mains en signe de bienvenue.
Dimanche 8 Mars 2009, Thaïlande
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Un peu d’exercice ne nous fera pas de mal. Le long de la rivière Nam Kok, nous conduisons vers le Nord-Ouest sur quelques dizaines de kilomètres en direction d’un parc naturel que l’on nous a indiqué comme étant un bon point de départ pour les ballades. La température est déjà lourde. Nous abandonnons Rustine pour une petite randonnée à l’ombre généreuse des essences tropicales.
Sous cette température suffocante, le rêve d’une baignade ne nous a pas quitté. Mais l’occasion ne s’étant pas présentée, nous partons à la recherche d’une cascade. Le petit chemin de sable zigzague dans les sous-bois. Au détour d’un bosquet, une ascension escarpée met Rustine à dure épreuve. Même en première, elle déclare forfait à mi-chemin. Sans lui tenir rigueur, nous l’abandonnons sur le bas côté calée par un rondin de bois, et continuons à pied.

Le dénivelé est sévère, mais le torrent qui dévale la pente tout près de nous promet une baignade revigorante. Quelques kilomètres plus haut, une petite cascade récompense largement nos efforts. Le courant et la fraîcheur de ses eaux nous offrent un massage gratuit sous un parasol végétal.
Samedi 7 Mars 2009, Thaïlande
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Au petit matin, nous quittons Chiang Khong, petite ville frontalière. Deux options s’offrent à nous. La première prend la route du sud-ouest et nous mènerait très vite à Chang Rai. La seconde nous rallongerait le trajet, promettant de beaux paysages au bord du Mékong et la traversée du fameux Triangle d’Or.
Le choix est tout fait. Nous longeons une nouvelle fois le Grand fleuve. La petite route sinueuse que nous empruntons est fort agréable. Deux voitures se croiseraient à peine, cette étroitesse étant nettement justifiée par la faible circulation dans la région. A l’ombre des ficus, de petits villages sommeillent encore. La région du Triangle d’Or fut jusqu’à quelques années encore, un haut lieu de la culture de l’opium. Chaque famille en dépendait. Aujourd’hui encore, bien que les gouvernements Thaïlandais et Lao mènent une guerre sans merci à la culture de l’opiacée, la tradition n’a pas tout à fait disparue. Il n’est pas rare d’observer, notamment dans les villages montagnards du nord Laos, sa culture et sa consommation. Ici, les parcelles qui bordent la charmante route ont pris le pli : le maïs, les cultures maraîchères et quelques fraisiers ont largement détrôné la traditionnelle plante.
En contrebas sur notre droite, nous gardons un œil sur le Mékong. Les eaux que nous contemplons aujourd’hui parcourront près de 2000 kilomètres pour atteindre son delta au Vietnam. Selon la saison, selon la topographie de son lit, le fleuve changera de caractère. Tantôt gonflé par les pluies, tantôt déprimé par les chaleurs. Tantôt rapide comme un torrent, tantôt rêveur tel un ruisseau.
A Sop Ruak, il est temps de lui dire Adieu. Notre ami nous quitte ici. Au confluent de la Nam Ruak, le Mékong s’étendra en amont vers le Nord, séparant la Birmanie du Laos. La source de la Nam Rak, elle, jaillit à l’ouest vers lequel elle forme la frontière entre Thaïlande et Birmanie.

Pour arriver à ce point de jonction depuis sa source himalayenne, le Mékong a serpenté durant 2000 kilomètres, autant que ce qui l’attend pour rejoindre la mer de Chine. C’est en ce lieu mythique du Triangle d’Or, nœud fluvial et frontalier au point le plus septentrional de la Thaïlande, que nous changeons de cap. A partir de ce point précis, c’est « sud tout azimut ».
A notre droite, nous saluons une vielle connaissance : le Laos. Puis nous promettons une visite prochaine à la Birmanie qui s’étend sur notre gauche.

Chiang Rai est une ville relativement importante au cœur d’une des régions les plus rurales du pays. Au pied de ses nombreux reliefs, les crues du Mékong offrent à la plaine fluviale une terre fertile et généreuse.





















Nous sommes de retour au Laos depuis le 1er février 2010. Mais le projet Noria n'est pas mort, aidez-nous a le faire vivre en nous envoyant vos suggestions, notamment d'interventions.
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